France : Dominique de Villepin, premier opposant à Nicolas Sarkozy

France : Dominique de Villepin, premier opposant à Nicolas Sarkozy

Aigreur ostentatoire, agressivité organisée, pilonnage automatique…Les mots ne manquent pas pour qualifier les sorties médiatiques de Dominique de Villepin. Multiples et variées, les critiques décochées par l’ancien Premier ministre à l’actuel locataire de l’Elysée étonnent par la régularité de leur rythme et la violence de leur détermination. Au point où de nombreux éditorialistes n’hésitent plus à lui accoler le label de premier opposant au président de la République.
Les deux hommes entretiennent une relation tout en relief, marquée par une rivalité chronique et une haine recuite dans les affaires les plus sordides. Ayant la revanche, la vengeance et les règlements de compte comme moteur principal, elle est de celle que les politologues étudient avec délectation.
Au fil de ses interventions Dominique de Villepin aura formulé le réquisitoire le plus implacable contre l’action et les choix de Nicolas Sarkozy. Plus rien ne trouve grâce à ses yeux. Ni la disparition du poste de  président de l’UMP qui l’empêche d’être «une force de proposition, de critique et de vigilance», ni le style de gouvernement mis en place par l’Elysée : «Quand il y a interférence entre des conseillers et le Premier ministre, le Premier ministre a du mal à coordonner l’action des ministres (…) Tout simplement parce que les ministres éprouvent plus de facilité à se rendre directement à l’Elysée qu’aux arbitrages du Premier ministre». Ni la nouvelle mission du porte parole que Dominique de Villepin balaye d’une main méprisante : «on voit bien du côté des porte-parole que c’est une petite  révolution qu’on essaie de faire à l’américaine, elle n’est pas encore au point».
D’ailleurs le sort du porte-parole de l’Elysée David Martinon, parachuté par Nicolas Sarkozy à Neuilly, son  fief électoral, pour y mener la batailles des élections municipales de 2008, est l’objet d’un violent remous dans le landerneau. Tandis que les socialistes moquent légèrement «le roi qui intronise son dauphin» et que les centristes du MoDem dénoncent mollement cette démarche «pas très républicaine», c’est  encore à Dominique de Villepin d’assener le coup le plus violent, parce que froidement lucide : «Est-ce que c’est compatible avec des fonctions de porte-parole ? L’avenir nous le dira. Je fais partie de ceux qui pensent qu’on ne peut bien faire en politique que ce qu’on fait à temps complet».
Le discours critique de Dominique De Villepin à l’encontre de Nicolas Sarkozy est violent parce que les deux hommes se livrent, à travers l’affaire Clearstream, une guerre politico-juridique acharnée. Il est audible parce que les forces d’opposition  classiques que sont la gauche et le parti socialiste ne parviennent pas encore à se remettre de l’entreprise de déstabilisation qu’à été la politique d’ouverture de Nicolas Sarkozy. Paralysée par l’audace de l’OPA lancée par le président de la République sur ses ressources politiques et médiatiques les plus symboliques, la gauche peine à reprendre la main.
Une des récentes tentatives de dresser un bilan des promesses et de l’action de Nicolas Sarkozy en matière de politique internationale fut l’œuvre de Ségolène Royal. Dans une tribune publiée dans le journal  «Le monde» daté du 01-10-2007, intitulé «Une diplomatie incohérente», Ségolène Royal tente de synthétiser les nombreuses contradictions et reniements de Nicolas Sarkozy sur des sujets aussi brûlants que la Turquie, le Hezbollah libanais ou la crise du nucléaire iranien. «Cette succession de retournements, écrit Ségolène Royal, inspire de l’inquiétude et pose la question de la crédibilité de la parole de la France». Avant de lui suggérer la ligne à suivre : «C’est en ne cédant pas à la tentation des surenchères et de la politique spectacle que la France, dont la crédibilité est indispensable à la paix du monde, disposera d’une diplomatie forte et écoutée».
En se positionnant comme le principal opposant à Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin dispose d’une capacité de nuisance certaine. Ses attaques s’amplifient d’avantage au contact de la grogne qui commence à monter des rangs de l’UMP, le parti du président, qui redoutent que cette politique d’ouverture menée tout azimut, sans effort de pédagogie et d’explication, ne déstabilise leurs troupes à l’approche de l’échéance électorale municipale.

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