France : François Fillon assuré d’une quatrième année à Matignon

France : François Fillon assuré d’une quatrième année à Matignon

S’il y a un homme politique en France pour qui l’année 2010 s’annonce déjà prometteuse, c’est bien François Fillon, le Premier ministre de Nicolas Sarkozy. L’homme vient de recevoir la garantie qu’il coulerait une tranquille quatrième année à Matignon par la bouche même de celui qui est chargé de disséminer l’humeur et la parole présidentielle, le secrétaire général de l’Elysée, l’austère Claude Guéant. Il s’est d’ailleurs exprimé sur le sujet d’une manière qui ne laisse place à aucun doute ou interprétation. François Fillon ne quittera pas de sitôt Matignon : «le grand renouvellement sera, affirme Claude Guéant, le changement d’un Premier ministre. Je crois que le président a clairement indiqué la confiance qu’il lui accordait et, à cet égard, je crois que le paysage ne changera guère». Cette prise de positon donnait de la consistance au livre sorti récemment sur François Fillon qui porte le titre révélateur «La carpe et le lapin», signé par le journaliste Alix Bouilhaguet  aux Editions du Moment et qui a livré une information majeure selon laquelle le Premier ministre aurait conclu avec Nicolas Sarkozy un pacte secret pour demeurer à son poste jusqu’à 2011. Information mollement démentie par l’entourage de l’intéressé. François Fillon devait déjà être dans le secret des confidences présidentielles puisque lors de ses apparitions de cette nouvelle année devant la presse, il paraissait comme sur un  petit nuage, comme régénéré de l’intérieur, presque méconnaissable. Cette image et les descriptions qu’en font les gazettes sont frappantes de nouveautés, comparées à l’ambiance de déprime, tendu, au bord d’un hara-kiri politique, qu’il vivait  dans sa solitude. Que Nicolas Sarkozy commence l’année 2010 par assurer son Premier ministre d’une pérennité supplémentaire est déjà un signe qui ne trompe personne. Les élections régionales sont pour mars prochain. La meilleure manière de les déconnecter des choix nationaux est d’affirmer que quels que soient leurs résultats, le président de la République maintiendrait son appareil exécutif et ne procéderait pas à un changement d’équipe. Cela, certes, rassure une équipe ministérielle rongée par le doute sur son avenir, mais peut avoir aussi le mérite de démobiliser l’opposition qui cherche par tous les moyens à transformer ce scrutin régional en test sanction grandeur nature de la politique générale de Nicolas Sarkozy. En recevant cette assurance explicite de rester à Matignon quelle que soit l’humeur des Français exprimée en mars prochain, François Fillon peut tranquillement vaquer à sa principale occupation du moment : préparer soigneusement son avenir, tisser, comme on le lui prête régulièrement, sa stratégie de conquête de la mairie de Paris lors des municipales de 2014. Quant à Nicolas Sarkozy, en se privant publiquement de la possibilité de changer de Premier ministre au cours de cette année, sa marge de manœuvre politique n’en devient que plus réduite. Il est à parier que son appétit pour les changements et les nouvelles nominations s’abattra sûrement sur une partie de l’équipe ministérielle qui n’a pas montré une grande efficacité dans l’exercice de ses fonctions.
 

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