France : Jean Luc Mélenchon ou la contestation radicale

France : Jean Luc Mélenchon ou la contestation radicale

Il n’était, il y a encore quelques mois, qu’un prometteur quinqua parmi les nombreux visages de la nouvelle génération sur les épaules desquels repose le renouvellement du Parti socialiste. L’expression bourgeonne, l’œil sombre, Jean Luc Mélenchon ne parvenait pas à cacher son mal être au sein d’un parti qui, au nom de la real politique et de la culture du gouvernement, ne parvenait pas à être en phase avec les malaises de l’opinion. C’est depuis que Jean Luc Mélenchon a quitté le Parti socialiste pour fonder «le Parti de gauche» que l’homme s’est réellement révélé aux médias. Sur fond de confrontations sociales et de crise économique, Jean Luc Mélenchon, natif de Tanger, au Maroc, a su capter les inquiétudes et formuler les angoisses. Sa capacité naturelle d’indignation, son verbe facilement coléreux font de lui un excellent client pour les plateaux de télévision et les émissions politiques. Ce qui lui procure une subite notoriété. Et pourtant dans le créneau politique que visait Jean Luc Mélenchon, à savoir être à gauche de la gauche, il y a embouteillage de fortes personnalités, à commencer par Olivier Besancenot, la patron du Nouveau Parti Anti capitaliste ou José Bové, une des nombreuses icones du mouvement Europe Ecologie. En si peu de temps, Jean Luc Mélenchon a su creuser son sillon et s’imposer comme une des rares voix à gauche qui suscitent autant d’intérêt. C’est que Jean Luc Mélenchon, député européen, a su profiter d’un contexte politique et social favorable à l’apparition de nouveaux leaders. Dans le bras de fer que se livre Nicolas Sarkozy avec la rue sur les réformes ou sur l’identité et l’immigration, la gauche traditionnelle que représente le Parti socialiste est restée étrangement silencieuse, presque en retrait. Et ce de crainte de tomber dans le piège que semble lui tendre le président de la République, à savoir l’acculer au rôle d’une gauche adolescente, irresponsable incapable de prendre des responsabilités. Cette attitude d’ouvrir un grand boulevard devant Jean Luc Mélenchon qui déploya avec un certain talent ses gammes d’opposant radical à la politique de gouvernement. La profondeur de la crise aidant, sa voix porta plus loin que ne l’autorise la pointure politique de son parti encore à l’état groupusculaire malgré son alliance avec le Parti communiste français au sein d’un Front de gauche. Au point de commencer à constituer une véritable inquiétude par le PS de Martine Aubry qui voit d’un très mauvais œil la fulgurante ascension de cet ex-jeune espoir de la rue Solferino. L’a-t-il fait par calcul ou par conviction, Jean Luc Mélenchon a trouvé un autre filon pour mener sa croisade et continuer à exister dans le radar de l’actualité, celui des tirs à boulets rouges sur des journalistes vedettes. David Pujadas et Laurence Ferrari, présentateurs vedettes des journaux de France et de TF1, Michel Denisot et Anne Sophie Lapix de Canal+ ainsi que Marc Olivier Fogiel l’animateur de la tranche matinale d’Europe 1. Signe que Jean Luc Mélenchon, ancien trotskiste revendiqué, a fini par fabriquer sa propre griffe politique. Quand un homme de droite veut critiquer un leader du Parti socialiste, le ramener à ses propres démons, voire le rabaisser, il l’accuse de se «mélenchoniser». Une insulte pour l’un, le comble de la consécration pour l’autre.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *