France : La campagne «Haineuse» suit son cours

Dans l’avion qui le ramenait d’une brève visite de campagne sur l’île de la Réunion, Lionel Jospin a entamé dimanche une conversation avec les journalistes qui l’accompagnaient. Il a alors qualifié Jacques Chirac de «fatigué, vieilli, victime d’une certaine usure et marqué par la passivité», et a estimé qu’il était «temps» que son rival s’en aille, sa réélection n’étant «pas bonne pour le pays»…. Pour le principal intéressé, cette attaque était celle de trop. Sa porte-parole de campagne Roselyne Bachelot a aussitôt dénoncé la «perte de contrôle» du candidat Jospin. «Quelle confiance peut-on faire à quelqu’un qui à l’évidence ne se maîtrise pas ?», a-t-elle ajouté.
Dans un entretien paru lundi (Le Figaro), M. Chirac s’est quant à lui plaint de « l’agressivité, l’arrogance et le mépris sur la proposition et la réflexion» de certains candidats. «Cela fait des mois que l’on voit resurgir de vieilles méthodes qui consistent à salir un homme à des fins politiques, à défaut d’être capables de le battre autrement», a-t-il déploré. Réagissant directement aux propos de Lionel Jospin, le candidat RPR lui a reproché lundi d’avoir utilisé «une technique qui s’apparente au délit d’opinion, peut-être même au délit de sale gueule». «Dans un premier temps, ça m’a fait sourire, a-t-il confié. Dans un deuxième temps, je n’ai pas souri, pas pour moi naturellement, mais pour les Français». «Les Français ont droit à autre chose, à un véritable débat digne d’une démocratie», a ajouté Jacques Chirac. En attendant, les fidèles du président continuent de faire savoir tout le mal qu’ils pensent de M. Jospin. L’un a dénoncé sa «muflerie», l’autre l’a accusé d’entretenir un climat de « guerre civile ». Lundi soir, Jacques Chirac était, dans le dernier sondage SOFRES, donné perdant à 48,5 % contre son rival Lionel Jospin…

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *