France : La mythomane du RER

France : La mythomane du RER

Mythomane avérée, la victime de l’agression virtuelle de la ligne D du RER a été mise en examen. Elle risque une peine maximale de six mois de prison assortie d’une amende de 7.500 euros, en vertu des lois en vigueur. «Outrage à personne dépositaire de l’autorité publique», c’est dans ce registre que figurerait la «dénonciation de délit imaginaire», dont est coupable la jeune femme désormais célèbre.
L’indignation avait fusé de toutes parts après que la simulatrice patente eut étalé les détails d’une agression montée de toutes pièces. Les faits, en partie fruit de son imagination fertile, étaient toutefois basés sur deux autres agressions, réelles cette fois-ci. En effet, l’affabulatrice avait attentivement prêté oreille aux récits d’une proche, qui racontait les détails de deux agression distinctes. Dès le début de l’affaire, un parent qui était présent lors de cette discussion a vite fait l’analogie entre le réel et le fictif, faisant référence aux agressions en question.
La mère de cette jeune femme de 23 ans sait de quoi elle parle lorsqu’elle évoque les antécédents de sa fille dans les cabinets de psychanalyse. Celle-ci a estimé que sa donzelle devrait être entendue par un psychiatre et que justice soit faite. Mais avant que la lumière ne soit faite sur cette histoire, on a vite fait, associations et officiels confondus, de dénoncer des actes antisémites et condamner la bestialité de la communauté maghrébine. L’affaire a tout bonnement jeté en pâture les populations des banlieues déjà stigmatisées, comme l’a souligné le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples). «Ce qu’il faudra dénoncer c’est l’islamophobie ambiante qui règne aujourd’hui en France et où s’engouffrent tous les médias pour mettre en accusation la communauté musulmane», a pour sa part déclaré Kamel Kabtane, président du Conseil régional du culte musulman de Rhône-Alpes.
Du côté des officiels, l’on s’est rendu compte que les réactions virulentes contre ce qu’ils ont qualifié «d’actes antisémites» ont été trop précipitées.
«L’émotion qu’a déclenchée cette information réelle ou virtuelle est une émotion authentique. (…) Restons prudents quant à l’information mais restons vigilants, car tout le monde sait que le racisme et l’antisémitisme sont des maux qu’il faut combattre avec l’énergie des pouvoirs publics mais aussi avec l’énergie des citoyens», a souligné le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin dans une déclaration reprise par l’AFP.
L’histoire de la femme à l’imagination débordante avait suscité un émoi incommensurable en France et un peu partout dans le monde. Comment rester insensible devant une agression aussi ignoble ? une femme, sans défense, son bébé dans les bras, tabassée, poignardée, les cheveux coupés, les vêtements déchirés… Les sauvages qui ont commis cet acte doivent exemplairement être châtiés, c’est le moins que l’on puisse penser. Sa terrible histoire avait suscité des réactions politiques indignées et des manifestations en sa faveur.
Seulement voilà. Il faut situer la veuve et l’orphelin dans leur contexte avant de prétendre vouloir vaillamment les défendre. Plutôt que de boire religieusement les paroles de la plaignante, ne fallait-il pas temporiser, ne serait-ce que le temps d’y voir plus clair ?
Notamment du côté des officiels, qui ont aussitôt sauté sur l’occasion pour faire valoir leurs vertus de tolérance, sans émettre la moindre réserve que ce soit, portant ainsi un coup de plus à une communauté accusée de tous les maux.
Pourtant, la jeune femme n’en est pas à son premier coup. Celle-ci compte six plaintes à son actif entre vols et agressions sexuelles, tout aussi virtuelles, étant donné que les enquêtes diligentées à l’époque n’avaient pas pu prouver grand-chose. Sous pression depuis la mise en orbite de son canular, la victime virtuelle a fini par craquer et passer aux aveux. Elle a été dépassée par les événements et, sans aucun doute, la tournure abyssale que les choses ont prise ne figurait ni dans ses plans ni dans ceux de son concubin, également placé en garde-à-vue.
En guise de preuves, la plaignante n’avait que ses propos, en plus des coups de couteaux qu’elle s’était donnés, de la mèche qu’elle s’est coupée de ses propres mains et des croix gammées qu’elle a savamment dessinées sur son corps. La besogne aurait été accomplie avec la complicité de son concubin, qui aurait apporté son savoir en la matière dans cette mise en scène hollywoodienne.

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