France : les discussions commencent, les syndicats campent sur une ligne

Ces discussions surviennent dans un climat de crise politique, sur fond de dissensions entre le Premier ministre Dominique de Villepin et son rival  Nicolas Sarkozy, le ministre de l’Intérieur, désormais en première ligne pour résoudre le conflit en tant que chef du parti majoritaire UMP.

Entre un million et trois millions de personnes sont descendues dans les rues mardi, pour la seconde fois en huit jours, afin de réclamer l’abrogation  du contrat première embauche (CPE) affichant une détermination intacte.

Les syndicats et organisations de jeunesse continuent d’exiger l’abrogation  de la loi, rejetant des aménagements proposés par le président Jacques Chirac la semaine dernière dans de premières concessions à une vague de protestation d’une ampleur inédite depuis de nombreuses années en France.

Le secrétaire général de la CGT, principal syndicat français, Bernard  Thibault, a déclaré mercredi qu’il n’était pas question de négocier tant que le CPE n’était pas retiré, répétant que pour l’ensemble des syndicats "le retrait du CPE n’était pas négociable".

"Ce n’est absolument pas à nous de renoncer", a déclaré M. Thibault avant de s’entretenir dans l’après-midi avec les dirigeants des groupes parlementaires de l’UMP, chargés par M. Chirac de rédiger une nouvelle mouture de la loi.

Syndicats et organisations étudiantes et lycéennes se sont réunies dans la matinée pour confirmer leur position commune avant des rencontres avec les représentants du pouvoir.

"Si les députés n’ont pas l’intention de retirer le CPE, on poursuivra la mobilisation", a prévenu Jacky Dintinger, secrétaire général de la CFTC, une organisation syndicale modérée.

Des groupes d’étudiants et de lycéens ont maintenu la pression sur le terrain par des opérations de blocage des transports et de centres économiques  dans différentes villes.

Routes, voies ferrées, marchés de gros, centres de tri postaux et autres  pôles d’activités ont été bloqués à Nantes et Poitiers (ouest), à Chambéry  (est) et Toulouse (sud-ouest).

Côté gouvernemental, on se refuse à parler publiquement d’un retrait du CPE, mais de son "amélioration", et on évoque une discussion élargie au thème du chômage des jeunes. La nouvelle loi avait pour objectif de faire reculer un fléau qui touche 22% des moins de 25 ans.

Le président Chirac qui a, de facto, suspendu le CPE tout en promulguant la loi l’instituant, a proposé de ramener la période d’essai de deux à un an et de rétablir l’obligation de motiver un licenciement.

Il a ainsi dessaisi Dominique de Villepin du dossier, initiateur du CPE, qui s’était montré inflexible et se trouve très fragilisé par le développement  de la crise.

Sa cote de popularité plonge et il n’obtient que 28% d’opinions positives,  son plus bas niveau depuis son entrée en fonction il y a moins d’un an, selon un sondage publié mardi. Près d’un Français sur deux (45%) souhaite sa  démission.

L’opposition de gauche, évoque une "crise de régime" et affirme qu’il n’est plus qu’un "Premier ministre virtuel", le pouvoir se trouvant désormais entre les mains de Nicolas Sarkozy.

"A quoi sert Villepin ?" interrogeait mercredi le journal populaire Le Parisien.

"Après les défilés, place au dialogue", estimait pour sa part Le Figaro (conservateur), assurant que "le ton monte entre Villepin et Sarkozy", grands rivaux à droite dans la perspective de l’élection présidentielle du printemps  2007.

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