France : l’ouverture ne fait plus recette au sein de l’UMP

France : l’ouverture ne fait plus recette au sein de l’UMP

L’image est assez rare pour être signalée. Lorsque l’UMP, le parti du président de la République s’apprêtait à entériner les 22 listes de la majorité pour les régionales, une vague de sifflets est montée du public témoignant de la grande difficulté à faire passer des choix jugés contestables. Une confirmation chiffrée de cette mauvaise humeur : ces listes furent validées uniquement par 60% des membres du conseil national de l’UMP. Les chroniqueurs du fait politique ont vite crié à la grande surprise inédite qui, dans ce contexte particulier, peut facilement virer au désaveu.
Lorsque devant micros et caméras, les langues ont commencé à se délier, il est apparu de manière plus clair que l’objet de cette mauvaise humeur publique touche principalement à la formation de listes et aux places que l’UMP, parti hégémonique, dans un exercice d’ouverture et de composition, doit céder à ses alliés comme le Parti démocrate chrétien, Nouveau Centre, Gauche moderne, Progressistes, Mouvement pour la France ou les Chasseurs. L’affaire prit des proportions inquiétantes d’un bras de fer affiché entre le Premier ministre François Fillon, intronisé chef de la majorité et une salle hostile à ses décisions. François Fillon, oubliant un instant le verbe politique enrobé, lâche : «Il avait été demandé l’unité de la majorité présidentielle (…) Chacun a été écouté et chacun a dû faire des compromis (…) Maintenant, tout le monde devra se plier aux décisions prises». L’UMP est le genre de structure qui, par vocation, culture et tempérament, est destiné à marcher raide et droit derrière un chef.  Le fait qu’il commence à montrer quelques signes d’hésitations et d’interrogations est de nature à compliquer davantage la tâche et les stratégies de son leader, Nicolas Sarkozy. Ce dernier est déjà aux prises avec une forme de guérilla parlementaire que lui mène le patron du groupe UMP à l’Assemblée nationale l’ambitieux Jean-François Copé. Pour minimiser l’impact de la mauvaise humeur qui avait saisi le conseil national de l’UMP, le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant avait tenté d’y déceler «un signe de bonne santé» qui montre «que c’est une vraie démocratie qui fait fonctionner l’UMP». Au cœur de cette contestation au sein de l’UMP, l’esprit d’ouverture lui-même que le président de la République a élevé, sur un plan gouvernemental, au rang de mode de fonctionnement.
Les résultats d’une telle démarche ont dû être si peu visibles et si peu appréciés par les ténors de l’UMP, qu’ils en dénoncent le principe lorsqu’il s’agit de les appliquer dans une bataille électorale qui s’annonce serrée. Et puis, affaire Clearstream oblige, les militants de l’UMP n’ont pas pu échapper à cette interrogation généreusement nourrie par les sympathisants de Dominique de Villepin : comment se fait-il que le parti soit obligé de s’ouvrir à ses adversaires, à leur offrir souvent des places éligibles et gaspiller autant d’énergie à combattre avec acharnement des membres de la famille ? Cet état d’esprit acariâtre et rouspéteur est à prendre en considération surtout si les résultats espérés ne sont pas au rendez-vous, à savoir une carte de France des régions beacoup moins rose qu’aujourd’hui.

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