France : Paris crée une cellule pour coordonner les ventes d’armes

La France a mis en place une cellule opérationnelle pour réagir rapidement et faire des offres attractives en matière de ventes d’armes, a-t-on appris mercredi dans l’entourage du président français Nicolas Sarkozy à Marrakech.
«Il existe des domaines qui sont aux confins des champs industriels, stratégique, politique, et militaire. Il faut prendre des décisions politiques et militaires très vite et il faut des arbitrages urgents», a expliqué un haut fonctionnaire de l’Elysée. Le Rafale vient de connaître un nouvel échec à l’exportation au Maroc, et l’avion de combat polyvalent français construit par Dassault attend toujours son premier client après treize ans de campagnes infructueuses.
Contrairement au ministre français de la Défense Hervé Morin qui avait dénoncé à deux reprises en septembre le culte de «l’hypertechnologie », les collaborateurs de M. Sarkozy estiment que ce n’est pas l’appareil qui est en cause car « c’est un avion remarquable, mais c’est un problème financier et il faut savoir faire preuve d’imagination».  Constatant que «la stratégie des grands contrats militaires est une mauvaise statégie » et qu’il faut être hyperréactif dans ce secteur, le président français a mis en place il y a quelques mois cette «war room», comme l’appellent ses collaborateurs, qui est une cellule interministérielle «pour porter ces projets de ventes d’armes». Cette unité est composée d’un représentant des ministères des Affaires étrangères, de la Défense, des Finances, du Premier ministre, du chef d’état-major particulier de la présidence de la République et du secrétariat général de l’Elysée. Selon l’entourage du président français, les Américains ont parfaitement compris la nécessité de faire des offres rapides et appropriées et «se servent des ventes d’armes pour pénétrer des marchés». Rabat a décidé d’acheter des chasseurs bombardiers américains F16 plutôt que des Rafale et M. Sarkozy n’a pas réussi à convaincre ses interlocuteurs de changer d’avis lors de sa visite d’Etat au Royaume chérifien.
Une source proche de Dassault affirme avoir perdu le marché marocain en raison de «maladresses» de l’administration française et elle a réclamé à l’avenir une révision complète du système public de soutien à l’exportation.
Lorsque Nicolas Sarkozy a repris le dossier et donné son feu vert en juillet, il était trop tard, estime-t-on de sources concordantes. Washington avait fait une offre moins chère que les 2 milliards d’euros français, et apporté son soutien à la position marocaine sur le Sahara, tandis qu’un fonds américain accordait au Maroc une aide de près de 700 millions de dollars pour des projets de développement.
 La France est au deuxième rang mondial des marchands d’armes avec 7,9 milliards de dollars, derrière les tats-Unis (12,8 milliards de dollars). La Russie est troisième avec 5,6 milliards de dollars de ventes.

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