France : Rachida Dati entre «faux diplôme» et vraie réforme

De tous les ministres du gouvernement Sarkozy-Fillon, Rachida Dati est celle sur laquelle s’abat la plus violente des campagnes de presse. L’icône, jadis vénérée, adulée, est en train d’être clouée au pilori avec un rare acharnement. Rien que cette semaine, l’hebdomadaire l’Express placarde sur sa Une «La face cachée de Rachida Dati, alors que le «Canard enchaîné» consacra une page à ce qui est en train de devenir l’affaire du «faux diplôme» Rachida Dati. Rappel des faits tels que décrits dans l’enquête de l’Express : pour accéder à l’Ecole nationale de la magistrature (ENM), Rachida Dati était astreinte, en raison de son âge (30 ans), d’emprunter la procédure «d’intégration sur titres» et non «la voie du concours». Dans son dossier de candidature, elle fait alors mention dans son dossier de deux maîtrises, dont un MBA européen du groupe HEC-ISA, diplôme qu’elle n’a jamais eu, selon le magazine l’Express qui joue le relais d’information largement diffusée sur des sites Internet d’informations. 
À cette époque, Rachida Dati avait déjà commencé le lancement de sa stratégie de défense sur le plateau de l’émission dominicale de Michel Drucker «Vivement Dimanche ». C’était la période où, devant une France incrédule, toute préoccupée à s’interroger sur le mystérieux destin de l’ex-Première Dame de France Cécilia Sarkozy, Rachida Dati conclut sa prestation par cette confidence : «Il y a des livres qui se préparent sur des rumeurs, des ragots, des présupposés (…) De là d’où je viens, on n’achète pas les diplômes et de là d’où je viens, on a intérêt d’être très honnête et de ne jamais tricher, ne jamais mentir, parce que si on le découvre, vous le payez très cher. La deuxième chance, vous ne l’aurez pas». Elle lance une contre-attaque par la publication prochaine d’un livre d’entretien avec le journaliste du «Nouvel Observateur» Claude Askolovitch, intitulé «Je vous fais juges» dont la parution est prévue ce mercredi 31 octobre aux éditions Grasset et Fasquelle. Le livre se propose de démonter la mécanique à produire les rumeurs et à apporter de lumières sur les petites confusions qui ont induit les grandes erreurs. Et si toute l’affaire n’est qu’une simple question de validation.
La campagne contre Rachida Dati se durcit au fur et à mesure que son projet de réformer la carte judiciaire française, une des promesses phares du candidat Sarkozy, rencontre des résistances de corporatismes. La colère et la frustration des magistrats et des greffiers est tellement forte que de nombreuses rencontres avec la garde des Sceaux frisaient souvent le pugilat et la violence. D’ailleurs, un mouvement de protestation nationale est lancé pour aboutir à un grève générale le 29 novembre prochain.
Cette attitude lui vaut les critiques acidulées de l’ancien ministre socialiste de la Justice Elisabeth Guigou sur la réforme de la carte judiciaire : «C’est une absurdité de vouloir supprimer la moitié des tribunaux d’instance, ça n’a pas de sens (…) Je crains qu’elle ne soit en train de se couper des milieux dont elle a la charge et même s’il faut résister aux corporatismes, ce n’est pas la meilleure façon de faire». 
Cette campagne se durcit aussi à l’approche des échéances électorales municipales, avec à la clef un mandat électif qui manque tant à son parcours. Elle vient de mettre fin à un grand suspense autour de sa possible candidature à Paris, tête la liste UMP dans la VIIe arrondissement de la capitale. Pour la première fois, elle confirme dans un entretien avec Jean-Pierre El Kabbach d’Europe 1 son intention de mener la bataille des municipales de mars prochain : «Il y a une commission d’investiture qui va se tenir au mois de novembre à Paris pour proposer les têtes de liste et je suis fortement intéressée». Au cours de ce même entretien, J.P El Kabbach lui pose cette question : Selon des rumeurs, «il paraît que vous ne prenez plus Cécilia Sarkozy au téléphone» ? Visiblement gênée, Rachida Dati marmonne quelques explications sur le ton «tout ce que je peux vous dire sur le sujet, c’est que je suis fidèle en amitié». Sans pour autant préciser si son amitié allait en priorité pour son mentor en politique, le président célibataire Nicolas Sarkozy ou à l’ex-Première Dame de France, qu’elle considérait «comme sa sœur», Cécilia.

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