François Hollande sculpte son image de présidentiable

François Hollande sculpte son image de présidentiable

Il se passe un étrange phénomène au Parti socialiste, comparable à l’atmosphère des grands matchs dans les stades de football. Avant l’entrée en lice des grands ténors restés étrangement silencieux, le public, piaffant d’enthousiasme, est invité à soulager son impatience par un match de lever de rideau entre les valeurs prometteuses du coin. François Hollande fait partie de cela. Sauf que l’ex-premier secrétaire du PS et par la même occasion ex compagnon de Ségolène Royal n’est pas un jeune débutant en politique à qui il est demandé de faire ses preuves et de montrer un échantillon de son savoir-faire pour que les lumières puissent se fixer sur lui. Il a été pendant de longues années le fidele gardien du temple socialiste, rongeant son frein à l’ombre de personnalités jugées plus légitimes comme Lionel Jospin et de femmes plus cassantes et plus ambitieuses comme Ségolène Royal. Pendant toute cette période, François Hollande, esprit vif et humour grinçant, souffrait d’une image peu valorisante. La caricature politique le décrivait sans personnalité, se contentant d’obéir aux sollicitations des amis et aux adjonctions des adversaires. Alors qu’il dirigeait le premier parti d’opposition lors des présidentielles de 2007, il dut céder son fauteuil de candidat naturel à sa campagne Ségolène Royal. Avec le résultat que l’on connaît et la rupture «conjugale» qui s’en est suivie, François Hollande garde de cette période une indicible frustration. Une fois le choc encaissé, pendant de longs mois, lorsque François Hollande était invité à évaluer cette période, ses paroles suintaient ouvertement le regret. Et depuis, il n’a de cesse de vouloir absolument démontrer qu’il peut jouer dans la cour des candidats socialistes à la présidentielle dont le nom pourrait s’ajouter à celui naturel de Ségolène Royal, structurel de Martine Aubry, porté par les sondages comme Dominique Strauss-Kahn, l’actuel patron du FMI à Washington. Cela se remarque par un changement de look. François Hollande, qui avait l’embonpoint d’un consommateur frénétique de charcuterie et de fromages gras, est en train de perdre du poids et de maigrir à vue d’œil. Ses cheveux auxquels l’approche de la soixantaine galopante devait imposer une grisaille de circonstance ont retrouvé une luisante noirceur. Quant à sa vie privée, il l’a fait entrer dans un grand processus de «Pipolisation» en officialisant dans le journal «Gala» sa relation avec la journaliste politique de la chaîne Direct 8 Valérie Trierweiler. Mais la transformation ne se limita pas à son aspect extérieur. François Hollande tente de faire entendre une petite musique différente de celle à laquelle sont astreints les autres poids lourds du PS. Profitant sans aucun doute du silence que leur impose à chacun le grand agenda des primaires, François Hollande tente d’occuper les espaces médiatiques. Avec un certain succès reconnu même par ces détracteurs. Et l’on découvre que l’éternel second couteau qui a longtemps été confiné au rôle de gentille organisateur des agapes ne manquait ni de pertinence ni d’humour. Les commentateurs politiques, qui suivent sa trajectoire, tentent de susciter de l’intérêt et de l’excitation en évoquant, cas d’école tout à fait plausible, l’hypothèse homérique où François Hollande pourrait affronter Ségolène Royal. Cela pourrait facilement arriver dans le cas où DSK passe directement du FMI à la BCE sans faire escale à Paris et que les dieux des sondages lâchent Martine Aubry en rase campagne.

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