G.B. : CRISE POLITIQUE MAJEURE

G.B. : CRISE POLITIQUE MAJEURE

Tony Blair a écarté hier tout rappel du Parlement à la suite de cette mort violente comme l’avait exigé le chef de l’opposition. Il a affirmé avoir besoin d’une période de réflexion qui permette au juge de mener son enquête. Les événement de ces dernières semaines avaient rendu la vie de David Kelly intolérable. Il était âgé de 59 ans et était biologiste, spécialiste de l’armement irakien. Kelly s’était défendu devant la commission des Affaires étrangères des Communes d’être la principale source citée par la BBC dans l’affaire du dossier gonflé par le gouvernement sur l’armement irakien. Le ministre britannique de la Défense avait réprimandé le Dr Kelly auquel il reprochait d’avoir parlé aux journalistes. Tony Blair a qualifié sa mort de tragédie et promis une enquête indépendante. Il y va de sa crédibilité, puisqu’il est désormais menacé personnellement par cette disparition. L’opposition lui demande d’ores et déjà de démissionner, sentiment partagé par une majorité de Britannique (60 %). Le gouvernement travailliste est menacé plus que jamais par cette crise politique d’une gravité exceptionnelle. L’intégrité de ce gouvernement est en effet entachée : «Mettre en avant le Dr Kelly servait simplement à faire diversion et cela a eu le plus horrible résultat», a déclaré un parlementaire. Depuis sa comparution devant la commission d’enquête de la Chambre des Communes, les Anglais avaient découvert David Kelly l’expert sur les armes de destruction massive lors de sa déposition. Parlant à voix basse, de manière très posée, ce haut fonctionnaire du ministère de la Défense avait implicitement reconnu être l’une des sources d’information d’un journaliste de la BBC qui avait accusé Tony Blair d’avoir leurré l’opinion publique sur la détention par Saddam Hussein d’ADM. Depuis, il était pourchassé par les médias. Un visage de père tranquille, des manières d’homme du monde, poli à souhait et ce souci du détail qui font les meilleurs inspecteurs en désarmement. Entre 1994 et 1999, Dr Kelley avait été inspecteur en désarmement pour l’ONU et à ce titre s’était rendu des dizaines de fois en Irak. Ce haut fonctionnaire du ministère de la Défense avait révêlé que le Premier ministre britannique avait ajouté au deuxième rapport rendu public la référence aux quarante-cinq minutes, le délai au cours duquel le maître de Bagdad avait été capable de déployer ses prétendus ADM afin de museler les rebelles travaillistes à la Chambre des Communes. Dr Kelly était profondément déprimé. Son affaire a tous les ingrédients d’une affaire d’Etat. Elle déjà éclipsé le succès de la visite de Tony Blair à Washington, où il a insisté que la découverte des ADM n’était absolument pas vitale pour justifier la guerre.Tony Blair a écarté toute démission ou tout rappel du Parlement, même si pour lui l’avenir n’a jamais été aussi sombre depuis son arrivée au pouvoir en 1997. Interrogé sur les armes de destruction massive irakiennes, toujours introuvables trois mois après le renversement de Saddam Hussein, Tony Blair s’accroche à la version des services de renseignement sur leur existence.

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