GB : un déluge déversé sur l’incendie géant, la fumée se propage

Vingt des vingt-sept cuves de carburant brûlent et la lutte se déroule "dans des conditions très difficiles", a déclaré Roy Wilshire, le chef des pompiers.
Quelque 150 pompiers ont démarré vers 08h30 GMT les opérations visant à étouffer le feu sous une "couverture de mousse", dirigeant sur les flammes "32.000 litres d’eau par minute et des quantités de mousse".
Le dépôt brûle depuis une explosion d’origine inconnue dimanche à l’aube, causant un nuage noirâtre qui s’est propagé peu à peu à tout le sud de l’Angleterre et se dirigeait lundi vers les côtes françaises. L’explosion a fait 43 blessés, pour la plupart sans gravité.
"Nous sommes en territoire inconnu", a reconnu Roy Wilshire. "C’est le plus grand feu de ce type que nous ayons eu en Grande-Bretagne ou en Europe. Nous ne savons même pas comment les flux d’air chaud vont agir sur la mousse, cela pourrait simplement la dissoudre".
Une route a été construite pour acheminer les pompes depuis un canal voisin, où l’eau est puisée. Un "canon à mousse" a été disposé à une centaine de mètres seulement de la plus grande cuve.
La mousse et l’eau mises en oeuvre par les pompiers doivent être contenues dans un étang artificiel créé sur place, afin de limiter autant que possible la pollution du site. Dans quelques jours, elles seront pompées et envoyées dans des stations de traitement.
Les secours ignorent le temps qu’il leur faudra pour éteindre le brasier mais estiment qu’il y a suffisamment de carburant sur le site pour alimenter le feu au moins jusqu’à mercredi si on ne parvient pas à l’éteindre.
Le dépôt de Buncefield est le cinquième plus grand en Grande-Bretagne. Ses cuves contiendraient chacune 13,65 millions de litres, soit un total de près de 370 millions de litres, dont 272 millions seraient en flammes.
Les bulletins météo des télévisions, lundi, étaient principalement consacrés aux prévisions concernant les prochains déplacements du nuage de fumée.
Dimanche, la fumée s’était élevée haut, poussée par la chaleur infernale du brasier et favorisée par un ciel peu nuageux. La réapparition des nuages lundi a agi comme un couvercle, et semblait faire progresser le nuage vers le sud, l’ouest et l’est, au-dessus du Pas-de-Calais.
Les efforts des pompiers, en faisant baisser peu à peu la température du brasier, ont amené les fumées à se répandre plus près du sol.
L’absence de pluie évitait toutefois le risque de "pluies noires".
Quelque 70 écoles de la région sont restées fermées lundi par précaution.
Jane Halpin, directrice régionale des services de santé, a admis qu’en dépit de "premières données rassurantes", l’analyse chimique du nuage restait à faire. Elle a appelé notamment à jeter les fruits et légumes non emballés.
L’hypothèse d’un accident restait privilégiée par les enquêteurs lundi, selon le commissaire Frank Whiteley, chef de la police du Hertfordshire.
"De toutes façons", a-t-il ajouté, "avec un feu d’une telle intensité, il ne restera plus grand-chose" à étudier sur le site.
Une trentaine de familles n’avaient pu regagner leur domicile lundi. Des tronçons des autoroutes M10 et M1 ont été à nouveau fermés.
La compagnie pétrolière Total, co-exploitant du site avec Texaco, a mis en place une ligne téléphonique pour répondre aux riverains dont les propriétés ont été endommagées.

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