Geste d’apaisement des autorités de Genève envers les Kadhafi

Les autorités du canton de Genève ont annoncé, mercredi, être prêtes à verser une indemnité au fils du leader libyen Hannibal Kadhafi en dédommagement de la fuite vers un journal genevois des photos d’identité judiciaire prises à l’occasion de son arrestation en juillet 2008. L’ONG de défense des droits de l’Homme Amnesty International doute que le geste des autorités genevoises suffira à apaiser la famille Kadhafi et a annoncé le lancement d’une «action urgente» pour réclamer la libération d’un homme d’affaires suisse détenu en Libye. Une grave crise oppose Tripoli et la Suisse depuis l’arrestation en juillet 2008 dans un palace de Genève d’Hannibal Kadhafi et de son épouse après une plainte pour mauvais traitements de deux de leurs domestiques. L’exécutif du canton de Genève «s’en remet à la gestion de cette affaire par les autorités fédérales», a indiqué le président du Conseil d’État de Genève François Longchamp. «Il ne fera aucun commentaire aussi longtemps que le second ressortissant suisse concerné (l’homme d’affaires Max Galdi) ne sera pas revenu dans notre pays», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.  Dans un mémoire juridique adressé au tribunal genevois saisi d’une plainte d’Hannibal Kadhafi, le canton de Genève accepte d’endosser la responsabilité de la fuite des photos prises par la police, de face et de profil, du fils du leader libyen, mal rasé, hirsute et l’air hagard. La détention pendant deux jours d’Hannibal Kadhafi et de son épouse avant leur libération sous caution a provoqué une série de mesures de représailles entre la Suisse et la Libye. Les clichés avaient été publiés en septembre 2009 par le quotidien La Tribune de Genève, envenimant encore la rancœur de la famille Kadhafi contre la Suisse, selon des sources diplomatiques. Dans le mémoire adressé à la justice, l’exécutif du canton de Genève «admet sa responsabilité, au motif que les photographies de M. Hannibal Kadhafi n’auraient pas dû parvenir à la Tribune de Genève» et donne son accord au Tribunal pour fixer une «équitable indemnité» en faveur du fils du dirigeant libyen. Hannibal Kadhafi réclame 100.000 francs suisses (68.600 euros). Les autorités de Genève demandent par ailleurs à la justice de déterminer la part des indemnités que devrait payer le journal en fonction de sa responsabilité. En revanche, les autorités genevoises ont toujours refusé de présenter des excuses pour l’arrestation d’Hannibal Kadhafi et de son épouse en arguant de l’indépendance de la justice.

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