Gouvernement Trudeau: Les attentes des Marocains du Canada

Gouvernement Trudeau: Les attentes des Marocains du Canada

Les Marocains du Canada sont contents de l’arrivée au pouvoir des libéraux. Le moins que l’on puisse dire est que pour tous indéniablement c’est synonyme de nouvelles perspectives et opportunités d’intégration des immigrants eu égard aux promesses électorales du nouveau gouvernement.

De l’avis de l’enseignant universitaire, Ismail Harakat, les libéraux savent pertinemment que le soutien de la communauté marocaine lui est largement acquis.
«Contrairement aux conservateurs et aux souverainistes du bloc québecois, il n’a jamais fait de la question du port des signes religieux et de l’aspect vestimentaire un fonds de commerce électoral», souligne-t-il. Certes, la communauté s’attendait à une ouverture plus large vers elle à travers une nomination au sein du gouvernement, la présence d’autres membres de communautés visibles est cependant un signal fort pour tous et de nouvelles nominations du genre à des postes de responsabilité n’est pas à écarter. Une approche qui cadre mieux avec l’image d’ouverture et d’égalité des chances qu’a toujours voulu donner le Canada.

A ce sujet Abderrahim Khouyibaba, président de la Chambre de commerce et d’industrie Al Maghreb au Canada, soutient que le changement de gouvernement va permettre à tous de «vivre dans un Canada qui respecte tous ses citoyens et la diversité culturelle de sa population». Abdelaadim El Hanchi, président du Forum des compétences canado-marocaines (FCCM), partage cet avis en soulignant que l’ouverture manifeste du gouvernement sur toutes les composantes de la société est un signe de reconnaissance de la citoyenneté canadienne à toutes les ethnies que réunit le Canada. Pour tous, tous les discours et toutes promesses et actions n’ont de sens que s’ils aboutissent à un meilleur accès à l’emploi des immigrants. Le taux de chômage dans la communauté marocaine, qui avoisine les 20%, est la plus grande préoccupation de toutes les composantes. Nombreux sont les immigrants marocains même après plus d’une dizaine d’années qui ne travaillent pas dans leur domaine de compétences. Une perte pour le pays d’accueil et une grande frustration pour l’immigré diplômé qui ne s’attendait pas avant d’arriver à être relégué à des emplois sous-qualifiés par rapport à ses compétences.

Pour endiguer ce phénomène, le département ministériel Emploi et Développement social au Canada avance que le gouvernement favorise la reconnaissance des titres de compétences étrangers et la mobilité de la main-d’œuvre. Et ce afin  que les travailleurs formés à l’étranger puissent intégrer rapidement le marché du travail. Pour ce faire, trois programmes complémentaires ont été mis en place pour assurer une meilleure intégration au marché de l’emploi mais aussi orienter les travailleurs formés à l’étranger.

Les représentants du ministère en question soulignent dans ce contexte qu’au cours des cinq dernières années, les gouvernements ont travaillé avec 24 professions ciblées pour simplifier leur processus d’accréditation. Mais force est de constater que l’efficience de beaucoup de dispositions reste limitée, au regard de la situation de nombreux immigrés résidant au Canada depuis plusieurs années sans trouver de travail qui correspond à leur profil. En effet, beaucoup trop de travailleurs étrangers qualifiés restent sur la touche avec pour toute issue la reconversion dans des métiers bien loin de leur formation et qualifications. Et ce en dépit des nombreux services et aides pour l’établissement au Canada sans compter plusieurs programmes institutionnels mis en œuvre par le département ministériel de l’immigration pour surmonter les obstacles à l’intégration. Il est sûr que le gouvernement Trudeau a conscience de la situation de mal-emploi qui marque nombre de communautés de minorités visibles dont celle des Canadiens d’origine marocaine. Les promesses en matière de création d’emplois et de renforcement de l’économie sont en tout cas grandes, les attentes aussi.   

Coopération

Le Maroc, Justin Trudeau connaît bien, le nouveau Premier ministre du Canada y a séjourné bien plus d’une fois tout comme sa mère, Margaret Trudeau. Il est connu aussi que le Canada et le Maroc sont des alliés de longue date. Le département ministériel des Affaires étrangères, commerce et développement Canada qualifie même le Maroc de «partenaire clé» du Canada au sein de l’organisation de la Francophonie ainsi que dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Il souligne également que «le Canada salue notamment les efforts entrepris par le Maroc pour la mise en œuvre de réformes démocratiques et économiques».

Quel changement en perspective dans les relations maroco-canadiennes avec le nouvel échiquier politique canadien? De l’avis des figures actives de la communauté des Marocains du Canada, les relations devraient s’inscrire dans la continuité.  A noter que le Canada exécute un programme de développement au Maroc depuis 1963. «L’objectif ultime de notre programme est de travailler avec le Maroc pour augmenter la prospérité des jeunes. L’aide bilatérale du Canada s’articule notamment à travers l’appui au secteur privé et à la bonne gouvernance économique», expliquent les représentants du département canadien des Affaires étrangères. En 52 ans, plus de 560 millions de dollars canadiens ont été investis au titre de la coopération en faveur du développement au Maroc, précisent-ils. Aujourd’hui encore, les potentialités pour l’accroissement des échanges commerciaux entre les deux pays sont considérables.

A ce titre, le ministère canadien des affaires étrangères rappelle que les deux pays négocient présentement un accord de libre-échange. Il souligne dans ce contexte qu’il est en attente de l’étude d’impact sur les avantages potentiels d’un accord de libre-échange que doit réaliser le Maroc. Et ce en conformité avec sa législation commerciale.

Pour le ministère canadien, «un accord améliorera les relations bilatérales entre le Canada et le Maroc sur le plan du commerce et des investissements et offrira un environnement d’affaires plus stable et plus prévisible pour les investisseurs respectifs des deux pays».
 

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