GPS : vers la fin du monopole

GPS : vers la fin du monopole

Bientôt la domination américaine dans les technologies de l’information devra prendre fin. L’Europe a décidé de passer à la contre-attaque et vient de réussir la mise en orbite de Giove A (Galileo In-Orbit Validation Element), un satellite destiné à tester les technologies du futur système Galileo, censé concurrencer le système américain GPS de positionnement par satellite.
Galileo permettra au vieux continent d’acquérir son indépendance dans un domaine stratégique, le positionnement par satellites, devenu indispensable pour la gestion du trafic aérien, maritime et, de plus en plus, automobile. Les premières réflexions sur la nécessité de mettre en place une alternative au GPS américain remontent au début des années 1990. Cependant, il faudra attendre 2010, soit un retard de deux ans sur le calendrier initial, pour voir l’entrée en service commercial de Galileo.
Grâce à Galileo et au GPS, dont les systèmes seront compatibles, on pourra aussi retrouver un conteneur perdu, repérer une voiture volée, évaluer le temps restant avant le passage d’un bus, suivre les déplacements d’un délinquant porteur d’un bracelet électronique ou secourir un randonneur perdu.
Un accord préliminaire avait été annoncé en février 2004 à Bruxelles par des négociateurs européens et américains. L’accord a été concrétisé lors du sommet UE-USA au Dromoland Castle en Irlande, tenu en juin 2004. Les deux parties avaient alors signé un accord final sur la cohabitation de leurs systèmes de navigation par satellite respectif, GPS et Galileo. Ce qui devrait doubler la capacité du système de positionnement.
Le lancement de Giove A, initialement prévu pour lundi, a été retardé de deux jours après la découverte d’anomalies dans les stations au sol chargées de suivre le parcours du satellite dans l’espace.
«C’est un succès scientifique supérieur à celui des Américains qui marque l’indépendance de l’Union européenne», a salué hier le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, après le lancement du premier satellite de ce programme. «C’est une grande date», a estimé Philippe Douste-Blazy sur France-Info, «c’est l’illustration de ce qu’est l’Europe, des projets concrets ambitieux auxquels elle est capable de donner corps». «C’est un succès scientifique», a-t-il salué. «L’Europe se dote de son premier système de navigation par satellite qui va lui assurer tout simplement son indépendance en matière industrielle et technologique», a ajouté le ministre. Galileo représente «l’indépendance de l’Union européenne mais aussi un succès scientifique supérieur à celui des Américains». Le coût de la construction de Galileo a été estimé à près de 3,3 milliards d’euros. Le fonctionnement du système coûtera environ 220 millions d’euros par an, y compris le remplacement des satellites. Les applications sont prévues dans les domaines de la navigation personnelle, le transport et la logistique, la finance, et l’agriculture et la pêche. Le Maroc, lui aussi devra bénéficier du programme Galileo. En effet, notre pays fait partie des six nations hors de l’Union européenne qui sont partenaires de ce programme. Il s’agit de la Chine, l’Inde, Israël, Arabie Saoudite et Ukraine. Actuellement, des discussions sont en cours avec d’autres pays.

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