Grèce : Les incendies dans le Péloponnèse se poursuivent

Les incendies de forêt qui font rage depuis vendredi dernier dans le Péloponnèse et sur l’île d’Eubée et ont fait plus de 60 morts étaient toujours «hors de contrôle» mardi sans toutefois menacer «pour le moment» les villages proches, a-t-on appris auprès des pompiers.
«Pour le moment il n’y a pas de menace pour les habitants des villages mais la direction du vent reste imprévue», selon la même source. Sept avions et quatre hélicoptères opèrent dans le département d’Elide, dans l’ouest du Péloponnèse, où plus d’une cinquantaine de personnes ont été tuées ces derniers jours, piégées par les flammes dans leurs villages.
Trois hélicoptères étaient toujours à l’œuvre dans le département d’Arcadie (centre du Péloponnèse) tandis que dans le sud, les incendies se poursuivaient sur les massifs de Taygète, qui surplombe le Magne, et du Parnon, près de Sparte. «Sur l’île d’Eubée, les incendies brûlent des forêts près de Marmari, Seta, et Néohori», a indiqué une responsable des pompiers.
Lundi, de nouveaux foyers se sont déclarés dans le département d’Aitoloakarnania (ouest) ainsi que plus au nord à Thésprotia en Epire et à Florina (nord-est). Plus de 800 pompiers et 800 soldats grecs, assistés de dizaines de pompiers et des avions et des hélicoptères venus de l’étranger participent à la lutte contre les feux. Selon un bilan provisoire, 63 personnes sont mortes dans ces violents incendies. Le procureur du service antiterroriste, Dimitris Papaguélopoulos, a ordonné une enquête préliminaire «pour déterminer si les crimes d’incendies volontaires pendant l’été sont inclus dans la loi antiterroriste».
A l’approche des élections législatives du 16 septembre, une polémique s’est engagée dans le pays (où l’état d’urgence et un deuil national de trois jours ont été décrétés), sur l’origine criminelle présumée de nombreux foyers et la réponse des autorités face à la catastrophe. Le service des pompiers a annoncé lundi l’arrestation et l’inculpation de sept personnes pour incendie criminel. Alors que le pays ne possède pas de cadastre national et que le secteur de la construction fleurit, les autorités et l’opinion publique sont vigilants face à la spéculation immobilière sauvage surtout lors des périodes précédant les élections.
Le porte-parole du gouvernement a souligné que 6.404 incendies s’étaient produits jusqu’à présent cette année contre près de 4.600 en 2006, soit une hausse de près de la moitié alors que l’été n’est pas terminé. Evoquant le premier la thèse d’incendies criminels, le Premier ministre Costas Caramanlis a assuré samedi que toutes les régions parties en fumée seraient protégées et «reboisées ». «Les gens sont très solidaires et irrités par tous ces incendies, des centaines de personnes effectuent des patrouilles 24 heures sur 24 dans la montagne», a indiqué à l’AFP Sotiris Botas, responsable des quelque 200 gardes forestiers volontaires du Mont Hymette, près d’Athènes, où deux incendies se sont produits depuis samedi.
Par ailleurs, un puissant séisme d’une magnitude préliminaire de 5 sur l’échelle de Richter s’est produit mardi matin dans le sud de la Grèce. On ignore encore s’il y a des victimes ou des dégâts.

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