Grippe aviaire : le gouvernement parle de « suspicion », mesures à Abidjan

"Il y a suspicion de grippe aviaire", a affirmé mercredi soir à la télévision nationale le ministre de la Production animale et des ressources halieutiques, Alphonse Douaty.

Mais "on ne parlera de grippe aviaire en Côte d’Ivoire que si le laboratoire de Padoue (en Italie), qui est le laboratoire de référence reconnu par l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale), nous confirme l’existence du virus", a expliqué M. Douaty: "dès lors, nous pourrons affirmer de façon formelle qu’il y la grippe aviaire en Côte d’Ivoire".

Mais à ce jour, le gouvernement ivoirien n’en a pas été officiellement  "informé", a-t-il souligné, ajoutant que "nous serons fixés d’ici la fin de la semaine, c’est le délai que ce laboratoire nous donne".

L’OIE a annoncé mercredi depuis Paris la découverte de deux foyers de grippe aviaire sous sa forme hautement pathogène du virus H5N1, dans le district d’Abidjan (Marcory et Treichville) et dans la région des Lagunes.

Marcory et Treichville sont deux quartiers populaires d’Abidjan. La région administrative des Lagunes englobe notamment la capitale économique ivoirienne.

Le ministre a cependant "appelé à la vigilance de toute la population, des opérateurs économiques et des professionnels de la filière avicole afin de circonscrire cette menace".

"La suspicion est suffisamment préoccupante pour prendre des mesures de prévention pour éviter la propagation de la maladie", a-t-il reconnu.

"Pour éviter la propagation éventuelle de la maladie si cela était confirmé, des mesures générales de police sanitaires sont arrêtées sur  l’ensemble du district d’Abidjan", a souligné M. Douaty.

"Il s’agit principalement de la mise en place d’équipes mobiles de surveillance épidémiologiques et sanitaires à travers les différents quartiers" de la capitale économique ivoirienne, a-t-il précisé.

Des numéros de téléphone, mis en place par le ministère de la Production animale, "sont désormais disponibles pour permettre à la population de joindre les services vétérinaires et permettre aux propriétaires de volailles ainsi qu’aux professionnels de la filière avicole d’alerter l’autorité vétérinaire  sans délai pour tout cas suspect".

Selon l’OIE, "sept poulets et neuf canards de basse-cour, élevés en liberté" ont été atteints par le virus H5N1.

"Le virus a été détecté pour le moment sur des oiseaux sauvages et sur les canards qui sont au bord de la lagune", a affirmé pour sa part le ministre.

Aucun cas n’a encore été diagnostiqué sur des animaux d’élevage, encore  moins sur des volailles industrielles, a-t-il assuré.

"La Côte d’Ivoire est une zone de passage d’oiseaux migrateurs", notamment vers des pays infectés dans les Balkans, a-t-il rappelé.

A Bondoukou (500 km au nord-est d’Abidjan), principale région avicole du pays où près de 200 volailles d’élevage avaient été retrouvés mortes à la mi-avril dans un élevage industriel, "il ne s’agissait pas de la grippe  aviaire, mais de la maladie de New Castle", selon M. Douaty, qui s’est "formel" sur ce point.

La Côte d’Ivoire est le septième pays d’Afrique touché par le virus H5N1 de la grippe aviaire, après successivement le Nigeria, l’Egypte, le Niger, le Cameroun, le Burkina Faso et le Soudan.

La partie nord de la Côte d’Ivoire, voisine du Burkina, est depuis septembre 2002 sous le contrôle d’une rébellion. Cette division en deux du pays pourrait singulièrement compliquer les mesures prises pour endiguer l’épizootie.

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