Grippe aviaire : l’UE sur le qui-vive

Face à la multiplication de cas de grippe aviaire sur des oiseaux sauvages, l’Union européenne examine les mesures à prendre pour protéger ses volailles, dont elle est le 3e exportateur mondial derrière le Brésil et les Etats-Unis. Les experts vétérinaires des 25 devaient se retrouver mercredi pour examiner, pour la première fois à ce niveau, les mesures d’abattage à prendre dans les exploitations où une ou plusieurs volailles seraient touchées par la grippe aviaire. Alors que la Commission européenne s’en est tenue pour l’instant à des mesures géographiquement ciblées, avec enfermement des volailles uniquement dans un rayon de 3 km autour des endroits où des cygnes sauvages porteurs du virus H5 ont été retrouvés, plusieurs pays membres s’orientent déjà vers un confinement général de leurs volatiles. L’Allemagne — avant même la détection de deux cygnes morts porteurs du virus hautement pathogène H5N1 sur l’île de Rügen, en mer Baltique — a annoncé un enfermement général à partir du 20 février. Dès l’annonce des cas trouvés sur l’île située à 60 km des côtes danoises, les pays scandinaves: Danemark, Suède et Norvège ont ordonné des mesures de confinement au niveau national ou régional. En Suisse, le gouvernement a également décidé mercredi de confiner les volailles sur son territoire. La France, premier exportateur de volailles de l’UE, devait pouvoir pourrait décider dès hier mercredi de suivre l’avis de son agence de sécurité sanitaire des aliments, qui a recommandé mardi le confinement lorsqu’il est "possible". À ce jour, quatre Etats membres sont directement touchés par des cas d’oiseaux sauvages porteurs du H5N1: la Grèce et l’Italie depuis la semaine dernière, l’Autriche et l’Allemagne depuis mardi. Des cas de cygnes sauvages porteurs du virus H5, dont on ignore pour l’instant s’il s’agit de la souche la plus pathogène H5N1, ont également été détectés en Slovénie. Dans tous ces pays, les mesures préconisées par la Commission ont été appliquées immédiatement, avec la mise en place de deux niveaux de protection, qui imposent des mesures renforcées graduées dans un rayon d’abord de 3 km puis de 10 km autour de l’endroit où un oiseau porteur du virus a été retrouvé. Selon un porte-parole de la Commission, les experts de l’UE, 3e exportateur mondial de volailles, ne devaient pas modifier substantiellement ce dispositif lors de leur réunion mercredi et jeudi. La seule nouvelle restriction dans l’immédiat devrait consister à interdire toutes les importations de plumes non traitées. Jusqu’ici, seuls certains pays étaient concernés par cet embargo, notamment les pays frontaliers de la Turquie et de cette dernière, où quatre personnes sont mortes lorsque l’épizootie a éclaté en janvier.

 Grippe aviaire : la FAO rassure

L’Agence de l’Onu pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a averti qu’une recrudescence de la grippe aviaire menace l’Europe au printemps en raison des mouvements d’oiseaux migrateurs.
Mais elle a également estimé que «la panique actuelle en Europe était totalement injustifiée», car «les contrôles sont de bonne qualité et les poulets parfaitement sûrs à la consommation».De plus, la «possibilité de transmission des animaux sauvages à l’homme n’a jamais été démontrée», a ajouté le chef des services vétérinaires de la FAO pour l’Italie, en soulignant que toutes les précautions étaient prises avec le contrôle médical de toutes les personnes ayant été en contact rapproché avec des animaux malades.

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