Guerre des mots entre Téhéran et Londres

La crise entre l’Iran et la Grande-Bretagne s’enlise. Alors que Londres poursuit ses efforts diplomatiques pour obtenir la libération de ses 15 marins capturés il y a une semaine, la diffusion de nouvelles images des soldats britanniques provoque l’indignation. La chaîne de télévision iranienne de langue arabe Al-Alam a diffusé, dimanche 1er avril, les images de deux marins, qui reconnaissent, selon elle, que leur équipe était entrée dans les eaux territoriales iraniennes.
Les deux marins ont été montrés l’un après l’autre en train de s’exprimer devant une carte géographique de la région du Golfe, sur laquelle ils semblent expliquer, à l’aide d’un crayon, leurs déplacements. «Nous avons été capturés apparemment à cet endroit, d’après leur carte et les relevés GPS qu’ils nous ont montrés, qui se trouve à l’intérieur des eaux territoriales iraniennes», admet le capitaine Chris Air. Le lieutenant Felix Carman a ensuite succédé au capitaine. «Je voudrais dire au peuple iranien que je peux comprendre pourquoi il est tellement en colère contre notre intrusion dans leurs eaux», renchérit Felix Carman.
C’est la troisième fois que la télévision iranienne diffuse des images et des «témoignages» des marins britanniques capturés avouant avoir pénétré sur le territoire maritime iranien. Ces présumées confessions sont, une fois de plus, dénoncées par les experts britanniques qui affirment qu’elles ont été arrachées sous la contrainte. Mais les marins affirment être bien traités. «Ils ont pris soin de nous et se sont assurés que nous avions assez à manger […], ce dont nous les remercions», déclare le capitaine britannique.
Les autorités britanniques ont jugé inacceptable la diffusion de ces images. «J’aimerais juste réitérer qu’il est inacceptable que ces images soient diffusées étant donné l’effet perturbant qu’elles peuvent avoir pour les familles», estime une porte-parole du Foreign Office.  «Il n’y a aucun doute quant à l’endroit où se trouvaient nos soldats. Ils étaient dans les eaux territoriales irakiennes», ajoute-t-elle.
À Téhéran, des incidents ont éclaté, dimanche, devant l’ambassade de Grande-Bretagne, où quelque deux cents étudiants islamistes, membres de la milice islamiste Bassidj, ont manifesté durant deux heures, jetant des pierres et des pétards sur le bâtiment, placé sous haute sécurité. Et une poignée de manifestants ont défilé à Londres devant l’ambassade iranienne, réclamant une libération immédiate des 15 marins.Alors la crise semble s’acheminer vers une impasse, Londres et Téhéran maintiennent des contacts directs. Selon le "Sunday Telegraph", Londres serait à la recherche d’un compromis susceptible de permettre la libération de ses marins, et espère bientôt pouvoir envoyer en Iran un haut responsable de la marine afin de négocier. Mais les négociations sont difficiles. Chaque détail pèse. Les Iraniens par exemple affirment que la libération de la seule femme du groupe de marins, a été annulée en raison de déclarations de ministres britanniques jugées hostiles.

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