Hausse des prix du carburant : manifestations dans plusieurs villes d’Irak

A Bagdad, le ministre irakien du Pétrole Ibrahim Bahr al-Ouloum a menacé de démissionner si le gouvernement ne revenait pas sur sa décision d’augmenter les prix du carburant, dans une conférence de presse.
Quelque 3.000 personnes se sont rassemblées dans le centre de Nassiriyah, située à 375 km au sud de Bagdad, et ont commencé à lancer des pierres aux policiers qui contrôlaient la manifestation.
Ils en sont venus aux mains avec les policiers qui ont dû tirer en l’air pour les disperser, ce qui a bloqué la circulation pendant plus d’une heure.
Le gouvernorat de Zi Qar, dont Nassiriyah est le chef-lieu, a décidé de revenir sur la mesure et a appelé les stations-services à pratiquer les anciens prix. L’annonce a été diffusée par haut-parleur dans la ville.
A Amara, un peu plus au nord, des centaines d’habitants ont lancé des cris de colère durant une marche de protestation et lancé des slogans hostiles au gouvernement sortant d’Ibrahim Jaafari, membre d’une liste électorale pour laquelle ils ont pourtant voté en masse lors des législatives de jeudi.
"C’est la première brûlure de la bougie", le symbole de la liste chiite, ont scandé les manifestants qui ont attaqué à coups de pierre une patrouille de soldats britanniques.
A Bassorah, capitale méridionale du pays à 550 km au sud de Bagdad, des dizaines d’habitants ont manifesté, brûlant des pneus et chantant des slogans hostiles au gouvernement.
Ils se sont dispersés au bout de deux heures après avoir reçu l’assurance des autorités locales qu’elles transmettraient leurs doléances à Bagdad.
Au nord de Bagdad et plus précisément dans la ville de Baaqouba, capitale de la province de Diyala, des manifestants se sont rassemblés devant une station-service et se sont dispersés dans le calme à la demande de la police.
A Tikrit, à 180 km au nord de Bagdad, de nombreux agriculteurs ont participé aux manifestations. Ils ont remis aux autorités locales une pétition qualifiant la hausse du prix des carburants de "coup dur pour l’agriculture".
Le gouvernement a annoncé dimanche une augmentation anticipée du prix des carburants, provoquant une première une manifestation dans une ville chiite, au sud de Bagdad, celle de Kout.
Le gouvernement avait annoncé le 25 octobre une hausse du prix des carburants à compter du 1er janvier 2006, mais il a décidé d’anticiper cette mesure dès ce dimanche, sans en expliquer les raisons.
Le prix du litre de super notamment est ainsi passé de 50 à 150 dinars (0,034 à 0,102 USD), a déclaré à l’AFP Assem Jihad, porte-parole du ministère du Pétrole.

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