Human Rights Watch épingle Tsahal

Human Rights Watch épingle Tsahal

Israël a tiré des obus au phosphore blanc sans discernement dans des zones densément peuplées de la bande de Gaza, ce qui équivaut à des crimes de guerre, estime l’organisation humanitaire Human Rights Watch dans un rapport publié mercredi 25 mars. Le groupe basé à New York a demandé aux Nations unies d’ouvrir une enquête sur les violations des règles de la guerre, tant du côté israélien que du Hamas, pendant le conflit de trois semaines qui les a opposés dans la bande de Gaza. «L’armée israélienne a de manière répétée tiré des munitions au phosphore blanc au-dessus de zones de population, tuant et blessant des civils et endommageant des infrastructures civiles, y compris une école, un marché, un entrepôt de stockage d’aide humanitaire et un hôpital», a affirmé cette ONG.
Selon Fred Abrahams, co-auteur du rapport : «l’armée israélienne n’a pas seulement utilisé le phosphore blanc dans des zones dégagées comme écran de fumée pour ses troupes, elle a tiré de manière répétée du phosphore blanc au-dessus de zones densément peuplées même lorsque ses troupes n’étaient pas dans la zone et que des écrans de fumée moins dangereux étaient disponibles. En conséquence, des civils ont souffert et sont morts inutilement».
L’armée israélienne a rejeté, jeudi 26 mars, les accusations de l’organisation de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch. «Sur la base des données recueillies à ce stade, il est d’ores et déjà possible de conclure que l’armée israélienne a utilisé des obus fumigènes conformes au droit international», a indiqué un communiqué de l’armée. «Ces obus ont été utilisés uniquement pour répondre à des besoins opérationnels spécifiques conformément au droit international. Les affirmations selon lesquelles ces obus ont été utilisés de façon indiscriminée ou pour menacer la population civile, sont sans fondement», a ajouté le communiqué. Le phosphore blanc est une allotropie commune de l’élément chimique phosphore qui peut être d’usage militaire comme agent incendiaire, agent de protection par écran de fumée et comme un composant d’arme anti-personnel capable de provoquer des brûlures graves. Les munitions au phosphore blanc, qui s’enflamme au contact de l’oxygène contenu dans l’air et brûle à des températures très élevées, ne sont interdites par aucun traité international.
Les lois internationales autorisent l’usage de ces obus pour éblouir l’ennemi ou pour masquer par des fumées la progression de troupes. Par ailleurs l’emploi du phosphore blanc est réglementé par le protocole III de la Convention sur les armes classiques de 1980, entré en vigueur en 1983 «Sur l’interdiction ou la limitation des armes incendiaires», auquel Israël n’a pas souscrit.
Ce protocole interdit l’utilisation des armes incendiaires contre des civils ou contre des cibles militaires situées à l’intérieur de concentrations civiles et le considère comme un crime de guerre.
Dans ce même cadre d’idées, un expert de l’ONU avait réclamé, lundi 23 mars, une enquête sur l’offensive israélienne contre la bande de Gaza en janvier, soulignant : «qu’il y avait des raisons de conclure qu’elle constituait un crime de guerre de la plus grande ampleur». Dans un rapport présenté au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation dans les Territoires palestiniens, Richard Falk, a appelé à une «Enquête d’experts» pour déterminer s’il était possible aux Israéliens de distinguer les cibles militaires de la population civile. L’opération «Plomb durci», qui a été lancée par Tsahal contre le Hamas dans la bande de Gaza, a fait plus de 1.300 morts du côté palestinien et 13 Israéliens.

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