Il y a 50 ans, Nasser…

L’Egypte a décidé de rendre hommage au coup d’Etat militaire du 23 juillet 1952, qui a renversé la monarchie mais fait, encore aujourd’hui, l’objet de vifs débats. «La pleine renaissance à laquelle accède aujourd’hui l’Egypte, et la société sûre dans laquelle nous vivons, n’auraient pas été possibles sans les efforts précédents», a assuré lundi lors d’une parade militaire le président Hosni Moubarak, issu de la hiérarchie militaire tout comme Nasser et Anouar Sadate, qui lui avait succédé à sa mort en 1970.
A la suite du coup d’Etat, Farouk, dont le régime était accusé de corruption et des prestations médiocres de l’armée égyptienne lors de la guerre de 1948 face à Israël, avait été remplacé par son fils, Fouad II. Ce dernier avait été à son tour déposé en juin 1953, et la République proclamée.
Après une brève lutte intestine avec Mohamed Néguib, Nasser était devenu président en novembre de l’année suivante. Nasser sera Premier ministre en 1954, puis président omnipotent de 1956 jusqu’à sa mort, en 1970, d’une crise cardiaque, à l’âge de 52 ans. Il a été l’inspirateur des mouvements arabes de libération, force que l’on croyait capable d’unifier le monde arabe sous la bannière du socialisme et du refus de l’Occident, l’un des fondateurs du mouvement des non-alignés.
Avec la nationalisation du canal de Suez en 1956 est né le mythe. Mais il a aussi subi la terrible défaite de 1967 face à Israël et l’échec de la République arabe unie réunissant Egypte et Syrie.
La rhétorique enflammée de l’ancien dirigeant socialisant, fer de lance des «non alignés», a aujourd’hui été remplacée par un ton plus modéré, l’Egypte ayant acquis un rôle de médiateur au Proche-Orient après être devenue, en 1979, sous Sadate, le premier pays arabe à conclure un traité de paix avec l’Etat hébreu.
Le Caire peut ainsi se vanter d’être l’un des principaux alliés des Occidentaux dans la région. Si le rôle de Nasser est aujourd’hui officiellement reconnu, le gouvernement égyptien s’est d’ailleurs employé à ne pas trop le vanter, expliquant que des choix cohérents à son époque ne le seraient plus à l’heure actuelle. Pour Khaled Mohieddine, l’un des derniers «officiers libres » encore en vie, la «révolution de juillet» a amélioré la vie dans les zones rurales grâce notamment à la réforme agraire, sans toutefois déboucher sur une réelle amélioration démocratique.
Après la mort de Nasser, son dauphin Anouar Sadate s’est rapproché des Etats-Unis et a fait de l’Egypte le premier Etat arabe à signer la paix avec Israël, ce qu’il a payé de sa vie. Aujourd’hui, dans une Egypte dominée par le parti national démocratique du président Hosni Moubarak, les nassériens n’ont que peu de poids : un tout petit parti divisé et un hebdomadaire, «Al-Arabi», se chargent d’entretenir la flamme. Nasser, lui, n’est pas vraiment mort. Son nom, synonyme d’unité et de dignités arabes, de socialisme, d’anti-sionisme et de rejet de l’influence occidentale, est toujours scandé dans les manifestations anti-israéliennes.

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