Indonésie : Après le déluge, les émeutes

Indonésie : Après le déluge, les émeutes

Dimanche, 9 janvier 2005, Banda Aceh, en Indonésie, des tirs ont brièvement éclaté plongeant la ville dans la panique. Les habitants de cette ville, ne se sont pas encore remis du terrible raz-de-marée qui s’est abattu sur l’Asie du Sud Est. Alors que l’Indonésie s’est transformée en plaque tournante de l’aide humanitaire destinée aux victimes des tsunamis, un incident est venu perturber l’atmosphère. Des coups de feu ont retenti devant la maison d’un responsable de la police et à proximité des locaux où est organisée la distribution de l’aide de l’ONU. Certains responsables ont accusé les rebelles séparatistes du Mouvement Aceh libre (GAM) tandis que d’autres ont attribué ces tirs à un militaire indonésien déséquilibré.
« Des policiers qui gardaient la maison d’un responsable de la police ont vu des gens armés. Ils les ont avertis puis ont tiré, et un échange de coups de feu s’est produit », a déclaré l’inspecteur Lazuardi à l’agence AFP. Selon lui, il y avait trois personnes armées et la fusillade a duré une dizaine de minutes. Interrogé sur l’identité des hommes armés, il a répondu: « Qui cela peut être? Le GAM est la seule organisation à même de faire cela ».
Cet incident vient s’ajouter à la panique et au désarroi qui règne depuis deux semaines après la cataclysme qui a touché l’Asie du Sud Est. Les rebelles et le gouvernement ont fait des gestes de bonne volonté après les raz-de-marée. Mais leur ton s’est finalement durci ces derniers jours. De son côté, un policier chargé de la protection des locaux de l’Onu situés non loin a affirmé que cet incident n’avait rien à voir avec le GAM. « Il s’est agi d’un membre des forces de sécurité visiblement sous le choc. La police et l’armée ont sécurisé la zone. Tout va bien. C’est un incident isolé », a-t-il dit.
Cet incident pourrait susciter des interrogations sur la sécurité de centaines d’employés et de volontaires venus participer à la distribution de l’aide humanitaire dans la province d’Aceh, qui déplore la quasi totalité des 104.000 morts dénombrés jusqu’ici en Indonésie sous l’effet du séisme et des tsunamis du 26 décembre. « Nous devons agir avec prudence. C’est une zone de conflit », a rappelé Aly-Khan Rajami, de l’ONG CARE International. Le ministre indonésien des Affaires sociales Alwi Shihab a fait savoir que le gouvernement tentait d’établir les causes de l’incident. Il a ajouté qu’il avait ordonné à l’armée d’être en état d’alerte. Ceci tout en parlant de possibles infiltrations de personnes hostiles à la présence d’étrangers dans la zone. Il a refusé d’identifier clairement les mouvements auxquels il faisait allusion.
Entre le tsunami et les problèmes politiques internes qui caractérisent cette région, l’Indonésie ne sait plus à quel saint se vouer. Pour l’instant, les autorités essaient de faire de leur mieux pour essayer d’acheminer les aides vers les destinations touchées, tout en faisant face aux aléas internes.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *