Inquiétude à la conférence du désarmement

La Conférence sur le désarmement, organisée jeudi à Genève, a rassemblé la Chine, la Russie, le Pakistan et l’Iran. «Nous avons été profondément préoccupés, en particulier par les récents rapports sur la nouvelle politique nucléaire américaine (…) qui, de notre point de vue, affaiblit gravement les bases du régime de non prolifération nucléaire », a déclaré le représentant russe à la conférence, Leonid Skotnikov.
Désormais les Etats-Unis n’excluent pas de faire usage d’armes nucléaires contre tous les pays qui utiliseraient des armes de destruction massive, biologiques et chimiques, qu’ils possèdent ou non l’arme nucléaire. Le traité de non prolifération nucléaire (TNP) qui, en 1995, a été prorogé indéfiniment, interdit à tout Etat de posséder des armes nucléaires, sauf à cinq pays, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, la France, et la Grande-Bretagne. En échange, ces derniers se sont engagés à ne pas en faire usage les premiers et à faciliter l’usage civil du nucléaire.
Ce traité a conduit à la signature d’une autre convention interdisant définitivement les essais nucléaires (CTBT, « Comprehensive Test Ban Treaty), ratifiée par Moscou notamment, mais pas par Washington. En mai prochain à Moscou, les présidents russe Vladimir Poutine et américain George W. Bush doivent mettre au point leur nouvelle relation stratégique –les Américains ne considérant plus les Russes comme des ennemis–, et arrêter les procédures permettant de réduire entre 1.700 à 2.200 le nombre de têtes nucléaires prêtes à l’emploi de part et d’autre, contre 6.000 actuellement. Les discussions sur ce traité, prévues dans le cadre de la conférence de Genève sur le désarmement, n’ont toujours pas commencé, ce que ne cesse de regretter la Chine.
Le vice-ministre iranien des affaires étrangères, Javad Zarif, dont le pays est considéré par l’actuelle administration américaine comme faisant partie des « Etats voyous», a pour sa part vivement regretté la nouvelle doctrine nucléaire de Washington. Cette nouvelle doctrine « représente une alarmante tendance au mépris du multiplicativement », ainsi qu’une «sérieuse violation » du TNP, a-t-il souligné devant la conférence.

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