Irak : guérilla meurtrière

Irak : guérilla meurtrière

Ces attaques interviennent alors que le président américain, George W. Bush, s‘efforce d’apaiser l’inquiétude des familles de militaires américains déployés en Irak, après un voyage éclair à Bagdad. «de retour du front, je suis heureux d’annoncer que nos militaires sont forts, le moral est bon et nos hommes sont convaincus que nous allons vaincre», a dit M. M. Bush dans une allocution. À Bagdad, le commandant en chef des forces américaine, le général Ricardo Sanchez s’est aussi réjoui «des deux dernières semaines fantastiques» en Irak qui ont vu les opérations de guérilla baisser de 30%. Mais, la presse américaine paraît plutôt sceptique. Selon le «New York Times» et le «Washington Post», la visite du président Bush à Bagdad est à la fois un grand coup médiatique mai a, en même temps, révélé la triste réalité de la situation en Irak : «Que le président ait dû emprunter une voiture banalisée, décoller et atterrir dans l’obscurité la plus totale et n’ait même pas pu dire aux membres de sa famille qu’il se préparait à aller à Bagdad, en dit long sur la sécurité en Irak», relève l’éditorialiste du «Post». «Cette visite a donné au monde, aux Américains et aux Irakiens une impression totalement contraire à ce que recherchait le président américain», affirme le journal qui ajoute. «il est clair que la visite était celle d’un commandant en chef à ses forces militaires, engagées dans une impasse, dont l’objectif était de leur redonner le moral». L’attaque, la plus sanglante subie par les forces espagnoles depuis leur déploiement en Irak, l’été dernier, a visé des agents des services de renseignement espagnols (CNI) alors qu’ils roulaient à bord de deux véhicules civils à une trentaine de km au sud de Bagdad, selon le ministère espagnol de la défense. L’attaque, menée à l’aide de lance-roquettes RPG et de fusils d’assaut Kalachnikov, a fait 7 morts et un blessé léger. L’Espagne, qui soutient les Etats-Unis dans leur guerre contre l’Irak, déplore au total le décès de dix militaires ou agents espagnols décédés depuis le début de l’occupation de l’Irak. Le même jour, deux diplomates japonais ont été abattus près de Tikrit, dans le nord de l’Irak, selon le ministère japonais des Affaires étrangères. Les deux victimes sont Katsuhiko Oku, 45 ans, conseiller à l’ambassade du Japon en Grande-Bretagne, et Masamori Inoue, 30 ans, troisième secrétaire à l’ambassade du Japon en Irak. Selon un porte-parole militaire américain, les deux diplomates ont été attaqués lorsqu’ils se sont arrêtés en route pour manger avant de regagner Tikrit, ancien fief du président déchu Saddam Hussein, pour participer à une conférence sur la reconstruction. Les responsables américains ont affirmé que les deux diplomates n’avaient pas de protection militaire. « Cela « n’a pas fait l’objet d’une demande », selon le colonel James Hickey, commandant de la 1ère Brigade de la 4e division d’infanterie. Samedi également, deux soldats américains ont été tués et un autre a été blessé dans une attaque à l’arme légère et à la roquette, près de la frontière syrienne, a indiqué dimanche un communiqué militaire américain. Les soldats du 3ème régiment de cavalerie blindé sont tombés dans une embuscade sur l’autoroute à l’est de la ville de Husaybah, près de la frontière syrienne, indique le communiqué du commandement régional basé dans la ville de Ramadi, à l’ouest de Bagdad. Depuis le 1er mai, date officielle de la fin des opérations militaires majeures, 186 soldats américains sont morts en Irak. Les Irakiens vivent dans un climat lourd de tensions et sous haute surveillance des troupes américaines. Mais, la stratégie américaine en matière de contre-guérilla est très critiquée. Des analystes font remarquer que « les Américains suivent en Irak les méthodes musclées des Israéliens dans les territoires arabes occupés qui ont prouvé qu’elles ne marchaient pas (…) Quand vous ne vous mêlez pas à la population, vous êtes un drapeau rouge qu’on agite sous le nez des gens»… Sur le front politique intérieur, les 25 membres du Conseil de gouvernement transitoire irakien se sont réunis le week-end pour discuter des modalités de désignation de «l’assemblée nationale provisoire», mais ne sont pas parvenus à un accord. Concernant l’opportunité d’une «assemblée nationale provisoire», exigée par la hiérarchie religieuse et les principaux partis chiites, le conseil a décidé de rencontrer mercredi l’administrateur américain Paul Bremer. La polémique oppose au Conseil, ceux qui considèrent que le premier objectif est le retour rapide de la ouveraineté et la fin de l’occupation, et ceux qui mettent l’accent sur une consultation directe du peuple pour donner une légitimité au nouveau pouvoir.

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