Irak : la mort rôde partout

Irak : la mort rôde partout

Le but de toute Constitution est d’unifier les diverses parties ethniques ou religieuses d’un pays. C’est une loi suprême applicable à tous en dépit des différences qui peuvent exister au sein d’une société donnée. Par définition, une constitution doit garantir l’égalité des individus et interdire toute sorte de discrimination. L’égalité mais aussi l’unité. Ce sont les deux mots-clés de toute Constitution. En Irak, au lieu de permettre de sceller les liens entre les diverses communautés, la Constitution n’a fait qu’augmenter l’écart entre elles. Cette Constitution a été la goutte qui a fait déborder le vase déclenchant ainsi une guerre civile.
Depuis la chute du régime de Saddam, les Américains ont cru bien agir en marginalisant les sunnites. Une décision qui a fait sombrer le pays dans le chaos vu que ces derniers ne sont pas restés les bras croisés.
Ces derniers ont vite déclaré la guerre aux Américains. Multipliant les attentats et les attaques de guérillas contre des convois militaires, les rebelles sunnites ont semé le désordre dans l’espoir d’un retrait américain.
L’adoption de la Constitution irakienne par la majorité parlementaire chiite et kurde n’a fait qu’accentuer leur mécontentement. Désormais leur ennemi n’est plus l’occupation américaine, mais aussi les chiites. L’heure est à la guerre civile. Appuyés par les Forces américaines, les chiites ont tenté de porter un coup dur aux sunnites en attaquant un de leurs fiefs, à Tal Afar au nord de l’Irak. L’opération a coûté la vie à plus de 200 insurgés. L’attaque a eu un véritable effet boomerang.
Selon le quotidien britannique «The Times», le chef d’Al-Qaïda en Irak, Abou Moussab al-Zarqaoui, a réussi à unifier les groupes de rebelles sunnites dans Bagdad même pour combattre les chiites, majoritaires dans la capitale irakienne.  
«On a toutes les raisons de croire que Zarqaoui détient le commandement tactique sur des groupes qui, pour leur propre survie, se sont unifiés sous son autorité», a affirmé au quotidien un officier des services de renseignement américains qui a requis l’anonymat. Un rapport des services de renseignement, cité également par «The Times», note que ces groupes sont estimés à 16.000 rebelles sunnites, 6.700 éléments extrémistes fondamentalistes, épaulés par 4.000 autres membres, provenant de la Jaysh Muhammad, un groupe rebelle auparavant loyal au régime baasiste de l’ex-dictateur Saddam Hussein. 
De son côté, Abou Moussab al-Zarqaoui qui nous a habitués à ses sorties à la «Ben Laden», a proclamé une "guerre totale" contre les chiites. Il les accuse d’"exterminer" des sunnites qu’il exhorte "à se réveiller", dans une bande audio mise en ligne mercredi sur un site islamiste.
Cette déclaration intervient alors que son groupe avait revendiqué plus tôt mercredi une série d’attentats ayant fait au moins 128 morts à Bagdad. Un bilan-record en termes d’horreur.
Selon lui, les dernières offensives des forces américano-irakiennes contre les rebelles retranchés dans des villes sunnites, comme Tall Afar (nord-ouest), entrent dans le cadre d’"une guerre d’extermination" des sunnites. Il en veut pour "preuve irréfutable, le recours des croisés aux gaz mortels".
Le N°1 de la branche irakienne d’Al-Qaïda a, par ailleurs, met en garde les Irakiens contre "la propagande perfide pour la Constitution impie et les appels à la participation au référendum " prévu le 15 octobre.

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