Irak : Le recours à l’ONU est tardif

Confrontés à une guérilla de plus en plus meurtrière et qui menace la reconstruction politique et économique de l’Irak, les Etats-Unis, après des mois d’atermoiement, ont fini par se décider à présenter à l’ONU un projet de résolution visant notamment à inciter davantage de pays à envoyer des troupes à Bagdad. Une implication plus grande des Nations unies pourrait donner une légitimité à la présence américaine assimilée jusqu’à présent à une occupation. « Les Etats-Unis ont été très lents à reconnaître la nécessité de faire une place à l’ONU afin que la communauté internationale s’implique davantage », estime un spécialiste de politique étrangère américaine. ‘La réticence de l’Administration Bush à céder de l’autorité a freiné le processus visant à donner à l’ONU un rôle sérieux en matière de maintien de la paix et de reconstruction », ajoute-t-il. Des diplomates occidentaux s’accordent à reconnaître qu’il est très tard, mais pas trop tard, car un effort international, colossal, il est vrai, peut encore régler les problèmes en Irak, malgré le caractère limité des mesures proposées par le Secrétaire d’Etat américain, Colin Powell et la réaffirmation de la prédominance des Etats-Unis en Irak. Pourtant Washington n’a ni les troupes nécessaires, ni le personnel pour faire face à la reconstruction de l’Irak, tandis que l’ONU a déjà l’expérience du Cambodge, de Timor oriental, du Kosovo entre autres. Pourtant, des néo-conservateurs proches de George Bush, continuent de penser l’inverse qu’un retour devant l’ONU ne permettra pas aux Etats-Unis d’obtenir rapidement les troupes et les moyens dont ils ont besoin pour redresser une situation qui ne cesse d’empirer. Ils soulignent le caractère aléatoire des négociations à l’ONU, face à un pays comme la France qui, selon eux « n’a pas grand intérêt à voir Washington sortir de la galère ». À propos de ce pays justement, le Président Jacques Chirac a rencontré jeudi le chancelier allemand Gerhard Schroeder pour des entretiens informels au sujet de l’Irak et du Proche-Orient. Au sujet de l’Irak, ils devaient soulever la question de l’implication des Nations unies. Berlin a répété cette semaine qu’il n’était pas question pour l’Allemagne d’envoyer des troupes en Irak. Il milite, avec les Présidents russe Poutine, et français, Chirac pour l’envoi de troupes arabes,sous la bannière de l’ONU, pour éviter toute occidentalisation supplémentaire du conflit. Surtout que la Grande-Bretagne envisage d’augmenter ses effectifs militaires en Irak. Elle estime que l’envoi de 5.000 militaires supplémentaires permettrait d’améliorer des conditions de sécurité qui ne cessent de se détériorer. Une initiative qui arrive au moment où l’espoir caressé de voir des troupes indiennes ou turques, caressé par la coalition américano-britannique, a de fortes chances de ne pas se concrétiser, ne lui laissant d’autres options que le renforcement de son contingent. À trop attendre de l’ONU, il risque d’être trop tard. Si ce ne l’est déjà.

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