Irak, le spectre de la guerre civile

Irak, le spectre de la guerre civile

Une nouvelle escalade dangereuse vient raviver les tensions entre chiites et sunnites. Plusieurs civils chiites étaient sortis crier « Mort au wahhabisme », au lendemain des sanglants attentats ayant visé Sadr-City, ville considérée comme le bastion des chiites. Lors d’une conférence de presse, tenue lundi à Najaf, le dirigeant chiite Moktada Sadr a appelé le Comité des oulémas musulmans, principale organisation de l’Islam sunnite en Irak, à dénoncer clairement les groupes « takifiri », en allusion aux auteurs des attentats terroristes de dimanche. A souligner que ces attentats avaient été revendiqués, hier lundi, par l’Armée dite « Ansar a-sunna », un groupe lié au réseau terroriste Al Qaïda. La réaction du Comité des oulémas musulmans n’a pas tardé à arriver hier, sans toutefois condamner directement les auteurs. Dans une tentative d’apaiser les ardeurs des uns et des autres, le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a pour sa part mis en garde contre l’escalade « des actes de violence qui ciblent l’unité du peuple irakien avec toutes ses composantes », appelant par la même occasion à faire face à ce qu’il a appelé «la violence sectaire». Les «saddamistes » et les «takfiri» ont également été cités nommément hier par le président irakien Jalal Talabani, qui les a accusés de vouloir «plonger le pays dans un conflit confessionnel et briser les efforts politiques visant à promouvoir l’entente nationale». Cette nouvelle vague de violence intervient alors que le procès de l’ex-président Saddam Hussein, ainsi que ses coaccusés, se poursuivait. Lors de ce procès, Saddam Hussein aurait reconnu avoir ordonné la mort des 148 chiites du village de Doujail dans les années quatre-vingt, prétexant que ces paysans auraient voulu l’assassiner. Appelé à témoigner dans cette affaire, l’ex-vice président Taha Yassine Ramadan a préféré mettre en doute la «légalité» du Tribunal, affirmant en outre avoir été «torturé» par des soldats américains depuis son arrestation en 2003. Interrogé sur l’assassinat de Doujail, l’ancien vice-président a pris fait et cause pour son « camarade» Saddam Hussein. Pour lui, les mesures prises par le régime de Saddam Hussein à Doujail auraient été «légales», l’ancien président ayant été pris pour cible. Pour sa part, l’ex-président du Tribunal révolutionnaire, Awad al-Bandar, a affirmé que le procès controversé avait été mené «en accord avec la loi». «Le tribunal n’avait pas d’autre choix que d’exécuter la loi», s’est-il défendu, en faisant endosser la responsabilité implicitement aux barons de l’ancien régime irakien. A préciser que la poursuite du procès anti-Saddam y est pour quelque chose dans les violences qui déchirent aujourd’hui sunnites et chiites. L’issue de ce procès, attendue impatiemment par les uns et les autres, risque de faire sauter «la paix sociale» en Irak.

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