Irak : Les barbares persistent et saignent

Irak : Les barbares persistent et saignent

Eugene Armstrong a été égorgé comme un goret après que son bourreau a dénoncé «les boucheries commises par l’occupant (américain), sans distinction entre nourrissons et vieillards, entre hommes et femmes» dans une lecture qui prenait à témoin ce qu’il a appelé «la nation islamique». Il s’agit, fort probablement du sinistrement célèbre Abou Moussâb Azzarqaoui qui n’a pas laissé passer l’occasion de menacer d’exécuter l’un des deux autres otages (un Américain et un Britannique) si sa demande de libération de prisonnières irakiennes n’est pas satisfaite. Et ce ne sont certainement pas les vives condamnations de l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad, suite à l’exécution d’Armstrong qui vont lui faire changer d’avis. «Nous condamnons avec force cet acte barbare et dénonçons ceux qui sont responsables de cet acte de pire sauvagerie», a déclaré le porte-parole de l’ambassade, Bob Callahan. Le corps de l’Américain décapité a été retrouvé à Bagdad, selon un responsable à Washington.
Azzarqaoui ne veut apparemment qu’une seule monnaie d’échange : la libération des Irakiennes détenues dans les prisons d’Abou Ghraib et d’Oum Qasr en Irak.
Cependant, le document filmé, diffusé sur le site (www.ansarnet. ws/vb/), qui semble bien montrer l’exécution de l’otage américain est encore soumis à l’étude de la CIA. Selon des experts, l’authenticité de ce document long de 9 minutes est impossible à établir.
Un activiste, entourés de cinq compagnons, lit une déclaration debout derrière un homme assis, les mains et les yeux bandés revêtu d’un survêtement orange et qui sanglote en se balançant d’avant en arrière. A rappeler que les trois otages ont été enlevés le 16 septembre à Bagdad et les ravisseurs avaient donné samedi 48 heures aux Américains pour libérer les femmes détenues dans des prisons en Irak. Tous les trois étaient sous contrat avec «Gulf Supplies and Commercial Services», une entreprise spécialisée dans la construction et les services généraux basée au Proche-Orient. La situation est de plus en plus inquiétante dans ce pays ravagé par une violence extrême.
Dans le Nord de l’Irak, la police a annoncé la découverte du corps criblé de balles d’un camionneur turc près de Chorgat, à 90 km au sud de Mossoul. Dimanche, la même police a fait état de l’enlèvement de nombreux camionneurs turcs dans le Nord de l’Irak de l’entreprise de bâtiment Vinsan, basée à Ankara. La compagnie turque a indiqué qu’elle gelait ses activités en Irak. Dans le Sud, la police de Bassorah a, quant à elle, annoncé avoir démantelé un réseau de ravisseurs et libéré un enfant irakien qui était retenu en otage avec une demande de rançon de 100.000 dollars. A Najaf, ville sainte chiite, deux collaborateurs du chef radical Moqtada Sadr ont été arrêtés, ainsi que plusieurs autres de ses partisans, dans une opération lancée avant l’aube par des Marines et des forces irakiennes A Bagdad, une attaque à la voiture piégée a été évitée de justesse avec l’interception d’un chauffeur au volant d’un véhicule bourré d’explosifs près d’un centre de recrutement de la Garde nationale irakienne, souvent prise pour cible. Par ailleurs, un Irakien a été tué et huit autres, dont deux membres de la Garde nationale, blessés dans deux attaques séparées dans la région de Baâqouba, au nord de Bagdad. D’un autre côté il est très attendu que la situation chaotique du pays domine les débats de l’assemblée annuelle de l’Onu qui s’est ouverte mardi à New York. Quoi qu’il en soit, sur le terrain c’est le chaos qui règne. Avec une moyenne de dizaines de morts au quotidien, l’embrouillement des cartes, l’enchevêtrement des données et la confusion dans laquelle pataugent les forces américaines, un retour au calme n’est pas prévisible pour bientôt. La paix en Irak semble de plus en plus lointaine.

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