Irak : les dividendes de la coalition

Irak : les dividendes de la coalition

Le secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz, dans une circulaire datée du 5 décembre et publiée sur le site internet du Pentagone, justifie ces exclusions, qui concernent tous les pays qui se sont opposés à l’invasion de l’Irak, par des questions «essentielles de sécurité» des Etats-Unis et la nécessité d’encourager des pays tiers à envoyer des troupes en Irak.Wolfowitz a fait savoir qu’il limitait la concurrence pour 26 contrats de reconstruction, qui vont de l’équipement d’une nouvelle armée irakienne à la reconstruction des routes, des installations pétrolières, des systèmes de communication et des réseaux d’adduction d’eau et de fourniture d’électricité, pour lesquels un appel d’offres sera lancé dans les jours à venir. 63 pays ont été reconnus éligibles pour participer aux appels d’offres, selon la circulaire. «Il est nécessaire pour la sécurité et les intérêts essentiels des Etats-Unis de limiter la compétition pour ces contrats de base à des sociétés des Etats-Unis, d’Irak, des partenaires de la coalition et des nations ayant envoyé des troupes », déclare notamment M. Wolfowitz. Cette décision provoque d’ores et déjà des remous en France et en Allemagne et chez d’autres alliés de l’OTAN, tout comme au sein du Conseil de sécurité Le financement de la reconstruction de l’Irak est assuré par un budget de 18,6 milliards de dollars approuvé le mois dernier par le Congrès. Les efforts des Etats-Unis pour trouver une aide militaire et financière internationales ont été loin d’obtenir le résultat espéré par Washington..L’Union européenne a bien débloqué 1,3 milliard de dollars pour la reconstruction des infrastructures irakiennes, mais la France et l’Allemagne ont refusé d’apporter des contributions individuelles. Le Pentagone, de son côté, n’est pas parvenu à obtenir l’envoi d’une troisième division internationale au début de l’année prochaine, contraignant les Américains à décider du renvoi en Irak d’une division de Marines qui venait de rentrer aux Etats-Unis. C’est pourquoi, le doute s’installe dans l’opinion américaine. Le nombre de ceux qui sont en désaccord avec la politique suivie en Irak augmente créant ainsi une fracture dans la société. Pour beaucoup de membres influents de l’establishment, il n’y a rien à espérer en Irak avec un Conseil où l’on trouve Ahmed Chalabi et d’autres exilés imposés par le Pentagone : « la seule alternative réelle pour un avenir radieux en Irak repose sur un gouvernement comprenant toutes les factions critiques, travaillant toutes ensemble à résoudre les problèmes équitablement et pacifiquement. Il s’agit également d’associer tous les peuples à la reconstruction de l’Irak, y compris ceux de pays ayant condamné l’invasion ». Ils avancent que « les Irakiens ne toléreront pas longtemps la situation présente, une raison suffisante pour se tourner vers les Nations unies, plus expérimentées, plus crédibles et d’une plus grande réputation de neutralité que les Etats-Unis. Ces analystes soutiennent que les options du Pentagone n’offrent aucune certitude de réussite. « La seule certitude, c’est que l’Administration Bush, qui a fait beaucoup de mauvais choix jusqu’à présent n’a pas d’autres options »; Ils ajoutent que le Pentagone doit immédiatement mettre fin aux violations du droit international, car les conventions de La Haye stipulent que les troupes d’occupation doivent respecter les lois du pays où elles se trouvent. Les Etats-Unis agissent donc illégalement en affichant leurs intentions de dénationaliser les sociétés irakiennes et en réservant les appels d’offres pour la reconstruction du pays à des sociétés étrangères presque toutes américaines, et à quelques-unes issues de pays ayant soutenu l’invasion, et en leur accordant la possibilité de rapatrier 100 % de leurs profits, sans même consulter le Conseil provisoire irakien. Même si les contrats pour la reconstruction seraient signés sans exclusion, sans gaspillage et sans corruption, ce serait quand même une opération illégale. Les détracteurs des options du Pentagone citent Ramenez Halliburton du nom de la société qui s’est fait délivrer l’un des plus importants contrats pour la remise en route des installations pétrolières irakiennes. Elle était présidée par Dick Cheney jusqu’à son élection à la vice-présidence américaine. Et, elle continue de lui payer des dividendes, récupérés sur les crédits internationaux versés pour restaurer l’Irak.

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