Irak : Les USA sortent l’artillerie

C’est seulement lundi, deux jours après le vote du Parlement turc, que la Maison blanche a communiqué sa «surprise». Si le refus signifié par Ankara du déploiement de 62.000 militaires américains sur son sol a ébranlé le nouveau pouvoir islamiste, il a surtout poussé les Etats-Unis à repenser leurs plans de bataille contre l’Irak.
Le porte-parole de la présidence américaine Ari Fleischer a déclaré à ce propos que désormais «toutes les options» étaient à l’étude, mais que «peu importe les routes empruntées, cela se traduira par un résultat victorieux sur le plan militaire». Ebranlé par la perte de ce précieux soutien logistique – qui était pourtant quasiment acquis la semaine dernière –, le Pentagone a donc sorti un plan «B» et laissé entendre que sa carte géostratégique pourrait s’orienter vers les pays alliés de l’Europe de l’Est. Le commandant en chef des forces américaines en Europe l’a confirmé lundi. Il négocie d’ailleurs avec les membres de l’OTAN pour un déplacement de la présence militaire américaine de l’Europe occidentale – 60.000 soldats sont stationnés dans la seule Allemagne – vers l’Est. Inscrit dans le cadre «d’une implantation plus moderne» et de la création d’«un réseau de bases» où le stationnement des troupes serait limité et adapté, ce projet n’en reste pas moins lié à la crise irakienne. «Nous gagnerons malgré les contraintes», a-t-il ajouté tout en minimisant l’éventuel déploiement de ses forces en Europe orientale. «Ce n’est pas quelque chose qui va bouleverser l’Alliance», a-t-il estimé mardi, soulignant que la question «doit se poser car elle est réelle». Vladimir Poutine n’a pas manqué l’occasion mardi de rappeler les positions de Moscou. Il a souligné que «les motifs (du rejet) du Parlement turc étaient compréhensibles», et que cette décision était même, selon lui, «l’événement le plus important de la semaine passée». Alors que son ministre des affaires étrangères était en partance pour l’Angleterre, le président russe a aussi jugé «injustifié et non fondé» le nouveau projet de résolution mené par Washington, Londres et Madrid.
Orphelins d’un front nord, les Américains ont par ailleurs décidé de renforcer leur présence dans le sud, surtout au Koweït, avec l’envoi de 34.500 hommes supplémentaires dans le Golfe. Ce qui porte leur dispositif militaire à près de 260.000 militaires, dotés d’avions, d’hélicoptères, de chars et de navires.
Quelque 48.000 militaires britanniques – 30.000 sont déjà sur place appuyés de 17 navires et d’une centaine d’avions – doivent aussi renforcer l’arsenal.
Sur le terrain, des avions de combat américains et britanniques ont encore bombardé lundi une série d’objectifs militaires irakiens dans le sud du pays, faisant six morts et 15 blessés, selon Bagdad. Le président irakien a d’ailleurs qualifié mardi George W. Bush de «despote du siècle» et promis que son pays sortirait victorieux d’une éventuelle invasion américaine. L’Irak a également annoncé avoir entamé la destruction de deux à trois nouveaux missiles Al Samoud II.

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