Irak : l’US Army s’en prend aux civils

Irak : l’US Army s’en prend aux civils

Les bavures de l’armée américaine, ou du moins ce que l’armée américaine veut bien nous présenter comme étant des bavures, sont devenues le pain quotidien des Irakiens. Chaque jour que Dieu fait, les innocents périssent par dizaines dans des attentats sanglants, quand ce n’est pas l’US Army qui se charge de la besogne.
Samedi dernier, l’armée américaine se serait «trompée de cible», en larguant une bombe de forte puissance sur une maison à Mossoul. «La Force multinationale a regretté profondément la perte de vies peut-être innocentes, après le largage, samedi matin, d’une bombe de 250 kg sur une maison au sud de Mossoul. ( ) La maison n’était pas la cible visée par le bombardement», a précisé l’armée américaine, indiquant que la véritable cible était un repaire présumé de rebelles, limitrophe à la maison réduite en cendres. Ainsi, ces vies écrasées par le feu américain sont «peut-être» innocentes, comme le stipule l’armée, tout en soulignant que la maison bombardée n’était pas «la cible visée». Une contradiction de plus, pour ne pas dire l’une des interminables aberrations verbales dont nous arrosent les officiels de l’armée américaine. Fidèles à eux-mêmes, les signataires de ces communiqués ont la fâcheuse manie de ne jamais endosser l’entière responsabilité de leurs actes. Ils n’en endossent même pas une infime partie.
L’on est résolu à croire que cette famille décimée était dans le tort et qu’elle avait commis l’impardonnable erreur de se coucher sous le toit de ce qui lui servait de maison.
Cette famille n’était pas visée, ses membres sont peut-être innocents mais, peu importe, ça fait toujours quelques Irakiens de moins. Voilà ce à quoi renvoie l’armée américaine à chaque fois qu’elle se retrouve dans la même situation.
Les images de cette atroce tuerie ont fait le tour du monde. Les témoins surplace ont raconté que le secteur en question avait été encerclé par plus d’une vingtaine de chars et Hummer-Vee, avant d’être pulvérisé par la puissante bombe. A l’intérieur, outre les hommes qui s’y trouvaient, des femmes et des enfants ont péri sans même savoir quel était le crime pour lequel ils allaient payer.
À Bagdad, un porte-parole américain a indiqué que cinq personnes étaient mortes dans le bombardement, selon l’agence France-Presse qui mentionne qu’un « responsable d’un centre de sécurité conjoint américano-irakien pour la province de Salaheddine a affirmé que ce bombardement avait fait 13 morts.» Ce triste chiffre a été confirmé par les témoins du bombardement, des voisins de la famille exterminée, et dont les témoignages ont été rapportés par diverses chaînes de télévision. Un autre bilan rapporté par l’agence Associated Press (AP), sur la base du témoignage du propriétaire du lieu qui aurait échappé au bombardement, fait état de quatorze morts, dont sept enfants, en plus de six blessés.
Divers témoignages attestent que le raid a eu lieu aux environs de 2h30 du matin, samedi dans le village d’Aitha, à 50km au sud de Mossoul. Selon l’AP, Ali Youssef, le propriétaire de la maison, a rapporté que les troupes américaines avaient immédiatement bouclé le secteur, empêchant tout accès pendant quatre heures.
«La maison a été réduite en un dérisoire château de cartes de plaques de béton et de gravats. ( ) Les victimes sont sept enfants, quatre femmes et trois hommes, tous de la même famille. Il y a six blessés, une enfant de la maison détruite et cinq des habitations voisines », a constaté un photographe de l’Associated Press.
Jusqu’au lever du jour, donc, les victimes de ce raid meurtrier n’ont pu bénéficier d’aucun secours. Livrés à leur abominable sort, certains d’entre eux auraient vraisemblablement pu sauvés, au cas où ils auraient été évacués. Mais l’armée américaine en a décidé autrement : mieux valait qu’ils sortent de dessous les décombres les pieds en avant.

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