IRAK : QUE CACHE LA MORT DU DR KELLY ?

IRAK : QUE CACHE LA MORT DU DR KELLY ?

Deux convois militaires américains ont été pris dans la nuit de dimanche à lundi sous des tirs d’inconnus à l’Ouest de Bagdad. Un convoi de l’ONU est tombé également dans une embuscade. Les difficultés en Irak, où une quarantaine de soldats américains ont été tués depuis le 1 er mai, et le coût de l’occupation américaine qui a pratiquement doublé par rapport aux estimations pour atteindre les 4 milliards de dollars par mois, commencent à peser sur la politique intérieure américaine et sur le Président George W. Bush dont la popularité est en chute libre. Le Premier ministre britannique est lui aussi dans la tourmente. Confronté à une grave crise politique, il a toutefois écarté toute idée de démission et de rappel du parlement. Bien mieux, un ancien ministre a affirmé hier que le suicide de l’expert britannique en désarmement permettait au gouvernement de détourner l’attention du vrai débat sur les raison de la guerre en Irak. Ce suicide est une affaire trouble qui secoue des fondations au sommet la classe politique et médiatique de Grande-Bretagne. Quelles pressions ont-elles fait craquer le scientifique? Les parlementaires, membres de la Commission des Affaires étrangères, ont quelques questions à se poser : face à un témoin-clé, un chercheur de premier ordre, certains de ces députés se sont comportés comme si on venait leur offrir un taureau à la curée. Ton menaçant, sorties méprisantes ont précipité la décision du Dr Kelly de se donner la mort Reste, aujourd’hui, l’essentiel : le gouvernement Blair est-il parti en guerre en Irak sur la base d’informations lacunaires, voire trafiquées ? Dans un de ses derniers-mails, adressé à un journaliste du «New York Times», David Kelly avertissait : «De nombreux acteurs sombres jouent un jeu ». Qui est le Dr Kelly ? Il était, depuis 1991, l’une des plus grandes autorités mondiales sur l’arsenal de Saddam Hussein. Il avait visité l’Irak près de 40 fois interrogeant des scientifiques militaires. Il était aussi un familier des journalistes à qui il fournissait souvent matière à des articles pointus. En septembre 2002 et en mai dernier, il a rencontré un journaliste de la BBC spécialisé dans les affaires de défense. Son reportage avait fait sensation car il accusait Tony Blair d’avoir manipulé le parlement et le peuple pour faire approuver la guerre en Irak.

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