Irak : Talabani pour la présence US

Irak : Talabani pour la présence US

Jalal Talabani, président fraîchement élu en Irak et premier kurde à accéder à la plus haute fonction d’autorité dans ce pays, s’est prononcé hier pour le maintien des troupes américaines dans son pays et s’est même opposé à un calendrier pour un retrait américain.. «Nous avons grand besoin des Américains et des autres soldats alliés en Irak jusqu’à ce que nous soyons capables de reconstruire nos forces de sécurité», a déclaré M. Talabani à la chaîne câblée CNN. Pour lui, cela prendrait encore deux ans et n’entrainerait cependant pas automatiquement un retrait américain. Selon lui, ce dernier (le retrait) ne dépend pas seulement de la formation d’une nouvelle armée irakienne. «il faut aussi mettre l’Irak à l’abri du terrorisme» a-t-il dit. Des déclarations et des positions qu’il a défendues après une manifestation hostile aux Etats-Unis, suite à l’appel lancé par le chef radical chiite, Moqtada Sadr. Cette insurrection, qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes à Bagdad, intervient au surlendemain d’une manifestation similaire, mais de plus grande envergure.
En effet, samedi dernier, des dizaines de milliers de manifestants ont conspué l’Amérique à Bagdad dans ce qui constituait la plus importante manifestation jamais organisée dans la capitale depuis la chute, il y a deux ans, du régime de Saddam Hussein. Face à cela, le président irakien a qualifié Moqtada Sadr de «criminel» et a estimé qu’il devait être arrêté.
Du côté de l’armée américaine, on annonce qu’une coalition de forces irakiennes et américaines a lancé hier sa plus importante opération de ratissage depuis des semaines dans Bagdad. En effet, près de 500 militaires et policiers irakiens, ainsi que quelque 200 Américains, se sont déployés à pied dans le quartier de Rachid, arrêtant 65 présumés militants.
L’actualité locale a également été marquée par un double attentat à la voiture piégée dans l’ouest irakien. Les deux véhicules piégés ont explosé à l’entrée d’un camp de l’armée américaine à Kaïm, une ville située à 400 kilomètres environ à l’ouest de Bagdad et proche de la frontière syrienne. C’est ce qu’ont rapporté des témoins oculaires qui font également état d’accrochages entre les forces américaines et des insurgés. Même s’il était impossible d’établir un bilan pour ce double attentat, une estimation provisoire émise par un responsable de l’hôpital de Kaïm annonçait que deux civils avait été tués et trois autres blessés. C’est dans ce climat de terrorisme et d’insécurité, qui fait désormais partie du quotidien des Irakiens, que l’armée irakienne a annoncé l’arrestation de plusieurs personnes.
Parmi elles, on retiendra le neveu de Saddam Hussein et l’auteur présumé de l’enlèvement des deux journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Le premier, Ibrahim Sabaoui, est présenté comme un financier de la guérilla, et dont le père figurait à la 36ème place sur la liste américaine des 55 personnalités les plus recherchées de l’ancien régime. Le second aurait affirmé être l’auteur de l’enlèvement des deux journalistes français précités. C’est ce qu’a annoncé, lundi matin, un responsable du ministère irakien de la Défense qui s’exprimait sous couvert d’anonymat et sans fournir d’amples précisions. Il s’agit d’un certain Amer Hussein Sheikhan, qui avait été arrêté le 4 avril dernier dans le secteur de Mahmoudiya et qui a «avoué qu’il était derrière l’enlèvement des Français», a déclaré la même source. Enfin, la journaliste du quotidien «Libération», Florence Aubenas et son guide, Hussein Hanoun, enlevés le 5 janvier, restent toujours pris en otages.

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