Irak : Une campagne à l’américaine

Irak : Une campagne à l’américaine

Spots publicitaires, tracts, tournées électorales plus ou moins fréquentes. En Irak, un pays meurtri par la violence quotidienne, la campagne électorale pour les législative, de dimanche prochain bat son plein. Une campagne qui dépasse les frontières de ce pays.
En effet, pour atteindre leur cible, l’électorat irakien en l’occurrence, les différents partis en lice ont recours aux grands moyens, dont ces spots publicitaires qui crèvent les écrans de certaines télévisions stellitaires arabes. Ils émaillent les bulletins et les émissions d’informations pour vanter les mérites de tel ou tel programme avec une importance accordée à la liste 285, celle du Mouvement de l’Entente nationale (MEN) qui a pour chef de fil le Premier ministre irakien, Iyad Allaoui. « Parmi mes priorités, restaurer la sécurité et la stabilité, et consolider la protection des frontières pour empêcher l’infiltration de terroristes à l’intérieur de notre chère patrie », assure ce dernier en présentant son programme électorale qui prévoit également de « développer les services sanitaires», de « construire 300 nouvelles écoles et d’en restaurer 2.000 autres » ou encore de « combattre la corruption ». D’autres listes ont également recours à ces méthodes de promotion électorale à l’américaine. C’est le cas essentiellement de la liste 169, celle du principal rival de M. Allaoui, l’Alliance unifiée irakienne (AUI), qui inclut les partis chiites ayant la bénédiction de l’ayatollah Ali Sistani, le chef spirituel de la communauté chiite. « Ah! trêve à l’injustice.
Nous voulons une Constitution garantissant nos droits, l’avenir de nos enfants et davantage de sécurité (…) puisque les autres ont échoué », soupire une vieille femme chiite en tchador. Elle s’avance vers une urne éclairée symboliquement par une bougie et y glisse son bulletin. Un gros plan montre une croix rouge dans la case désignant l’AUI.
Ces spots, plusieurs chaînes stellitaires en ont profité. Mais c’est la chaîne à capitaux saoudiens Al Arabiya qui arrive en tête de liste alors que la chaîne Al Jazeera, indésirable en Irak depuis le début du conflit il y a près de deux années et dont les bureaux ont été fermés par le gouvernement provisoire, n’est pas concernée. Son porte-parole, Jihad Ballout, tout en évitant d’évoquer si la chaîne a été contactée ou pas par des candidats, affirme que cette situation est conforme à la politique de la chaîne qui « nous impose de n’être partie prenante dans aucune opération politique ». « En général, nous étudions chaque demande publicitaire à caractère non commercial, c’est-à-dire à connotation politique, cas par cas ».
Chez la chaîne saoudienne, c’est un autre son de cloche. « Al Arabiya est après tout une chaîne commerciale. Nous n’avons aucune préférence pour des candidats précis. Les spots sont payés en fonction du temps qu’on leur réserve », déclare à l’AFP Nakhle Al Haj, directeur de l’Information et des Programmes de la chaîne pour qui le choix d’Al-Arabiya par les candidats s’explique par la grande audience de la chaîne en Irak. Et d’ajouter : « Pour lever toute équivoque, nous faisons accompagner chaque spot par la mention ‘matière publicitaire’. Ces spots répondent à des impératifs commerciaux et non politiques ».

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