Irak : washington et londres en désaccord

Londres et Washington sont d’accord sur une chose : la stratégie doit changer pour sortir de la guerre. Mais comment ? telle est la question cruciale.  Le Premier ministre britannique, Tony Blair, a appelé à une évolution de la politique en Irak, mais estimé que cela ne pourrait se faire que dans le cadre d’une «stratégie globale au Proche-Orient», où l’Iran doit cesser de contribuer au terrorisme. Pendant le week-end dernier, la presse britannique avait spéculé sur la perspective de voir M. Blair demander à ces deux pays de s’impliquer davantage. «L’Iran et la Syrie peuvent jouer un rôle beaucoup plus constructif» au Proche-Orient, avait même déclaré son porte-parole.
Mais le Premier ministre a évoqué un « malentendu fondamental » sur ses intentions. «Premièrement, ces deux pays ne partagent pas des intérêts identiques», a-t-il estimé. «Mais dans tous les cas, ce n’est pas par là que nous commençons. Au contraire, nous devons commencer avec Israël et la Palestine», a-t-il indiqué. «C’est le cœur du problème. Nous devons ensuite faire des progrès au Liban».
En rappelant l’ambiguïté entretenue par l’Iran sur son programme nucléaire, son soutien au Hezbollah au Liban, à la terreur en Irak ou au Hamas en Palestine, M. Blair a mis ce pays en demeure de s’aligner sur ses desiderata. Dans un discours en l’honneur du Lord-maire de Londres, M. Blair a écarté la possibilité de discussions avec la Syrie et l’Iran : «La réponse aux problèmes de l’Irak n’est pas à chercher à l’intérieur de l’Irak, mais bien à l’extérieur, dans toute la région où les racines du terrorisme global sont à trouver. C’est ce que j’appelle une stratégie globale du Proche-Orient».
Outre-Atlantique, Bush rejette fermement toute discussion avec Téhéran, tant que la République islamique ne suspend pas ses activités nucléaires. Le département d’Etat américain a même signifié que la possibilité, offerte par les Etats-Unis l’an dernier, de discussions spécifiques entre leur ambassadeur à Bagdad et les Iraniens sur l’Irak, était enterrée.
Pressés par les démocrates, le président et son administration ont été entendus par un groupe de personnalités qui pourraient formuler des propositions avant la fin de l’année. Pour le sénateur démocrate Carl Levin, «il faut arrêter de s’enfoncer de plus en plus, il faut trouver des alternatives pour augmenter les chances de réussite en Irak». Les élections parlementaires aux Etats-Unis ont suscité l’attente forte d’un changement en Irak. La majorité des Américains réclame un retrait des 150 000 soldats qui y sont déployés.

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