Iran : Ahmadinejad maintient un discours de défi

Iran : Ahmadinejad maintient un discours de défi

Alors que la communauté internationale réunie à New York à l’occasion de la soixante deuxième assemblée générale des Nations unies se penche sur les suites à donner à la crise du nucléaire iranien, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s’est livré à un exercice d’exhibition de ses forces en dévoilant, à l’occasion d’un défilé militaire, l’existence d’un nouveau missile balistique à longue portée capable d’atteindre Israël et les bases militaires américaines de la région. Cette attitude a eu le don de donner un coup de fouet au baromètre de la crispation politique et militaire de l’ensemble de la région.
La démonstration de force se veut dissuasive et le message limpide sur les capacités de réaction de l’Iran en cas d’attaque. Les autorités iraniennes ont accompagné ce défilé par des déclarations enflammées sur leurs capacités à riposter si leur pays faisait l’objet d’attaque militaire. L’allusion est claire à l’attaque menée le 6 septembre dernier par l’aviation israélienne contre des postions syriennes au prétexte, non encore vérifié, de détruire des installations nucléaires livrées par la Corée du Nord au régime de Bashar El Assad. Action autour de laquelle les autorités israéliennes sont restées muettes et l’administration Bush contrainte dans son expression.
À travers ses prises de postions, le président iranien Ahmadinejad maintient un discours de défi à l’encontre des pays qui ont menacé de durcir les sanctions contre son pays : «Ceux qui pensent qu’avec des instruments désuets comme la guerre psychologique et les sanctions économiques, ils peuvent arrêter la marche de l’Iran vers le progrès, ils se trompent lourdement».
Ce défi intervient alors que Français et Américains viennent d’accorder leurs violons à New York lors de la rencontre entre Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères et la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice. Parce qu’il a été un des rares Européens à évoquer l’hypothèse d’une guerre contre l’Iran, Bernard Kouchner fut accueilli aux Etats-Unis comme un héros. Alors qu’ils avaient adopté des positions diamétralement opposées sur l’Irak, Condoleeza Rice a tenu à mettre en valeur les retrouvailles entre Paris et Washington sur le dossier iranien. «Bernard et moi voyons ces questions de manière très similaire (…) Il n’y a pas en substance de différences dans la façon dont nous voyons la situation en Iran et sur ce que la communauté internationale doit faire». Bernard Kouchner répond à cette amabilité avec des tonalités atlantistes : «Que cela nous plaise ou pas, et certains en Europe et en France ont du mal à l’accepter, votre problème est aussi le nôtre».
Pour pouvoir passer à un autre stade dans les sanctions contre l’Iran, Français et Américains se doivent de convaincre la réticence des Russes et des Chinois. Le ministre des affaires étrangères russe Sergei Lavrov avait attiré l’attention cette semaine sur les conséquences dramatiques qu’une action militaire contre l’Iran peut entraîner. Après avoir appelé l’Iran à «répondre de manière constructive aux exigences de la communauté internationale (et) à changer d’attitude vis-à-vis d’Israël», Sergei Lavrov a considéré qu’il s’agit «d’une région-clé pour l’approvisionnement en hydrocarbures de la plupart des pays occidentaux et toute défaillance dans ce domaine provoquerait des crises graves».
L’Iran et son président Ahmadinejad seront sans conteste les sujets vedettes de cette assemblée générale des Nations unies. Avant même sa venue à New York, le président iranien a fait l’objet d’une grande polémique, notamment lorsqu’il a exprimé le vœu de rendre visite à Ground Zéro. Demande refusée par la police new-yorkaise au prétexte, affirme son chef que «c’est un summum d’hypocrisie, pour un individu qui est l’un des principaux parrains de la terreur, de vouloir visiter un endroit où tant de gens ont perdu la vie dans un acte terroriste». 
La Maison-Blanche avait tenté de désamorcer la tension autour de cette visite et de l’instrumentaliser. «Nous sommes fiers que les gens puissent venir dans notre pays s’exprimer librement, et il serait merveilleux que certains des pays qui bénéficient de cet avantage permettent la même chose à leur population».

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