Iran : Crispation avec l’AIEA

« Nous entrons maintenant dans une seconde phase qui est celle du défi posé par l’enrichissement », a dit Seyed Hossein Moussavian, un officiel du Conseil suprême de la sécurité nationale. Cette « seconde phase » des relations avec l’Agence de sûreté nucléaire de l’Onu « est plus difficile », a-t-il dit, parce que « les Américains et les Européens vont y former un même front ». « Les Européens disent que, pour être sûr que le combustible (des centrales civiles) ne sert pas à fabriquer l’arme nucléaire, l’Iran doit renoncer à enrichir l’uranium, mais l’Iran considère que ce fait est son droit le plus absolu en vertu du TNP (Traité de non-prolifération) et il n’est pas prêt à renoncer à ce droit légitime ». Sous la pression de la communauté internationale inquiète d’un détournement à des fins militaires, l’Iran a suspendu l’enrichissement d’uranium en insistant sur le fait que cette décision était « volontaire et provisoire ».
L’AIEA a salué cette décision. Mais les Européens, notamment, voudraient que la République islamique renonce plus durablement à enrichir l’uranium et s’en remette à l’étranger pour la fourniture de combustible pour les centrales civiles iraniennes. La question de l’enrichissement sera de nouveau au coeur de la réunion de l’AIEA sur le nucléaire iranien à partir de lundi à Vienne. Selon M. Moussavian, les Européens sont même prêts à vendre des centrales à l’Iran et à fournir du combustible pendant plusieurs dizaines d’années pour obtenir que les Iraniens n’enrichissent plus d’uranium.
Un projet de résolution soumis par les trois grands Européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne) pour la réunion de l’AIEA déplore que l’Iran n’ait pas complètement mis en application sa décision de suspendre l’enrichissement et le presse de le faire « immédiatement ». Téhéran a vivement réagi au ton ferme de ce texte que les autres membres de l’AIEA décideront ou non d’amender considérablement dans les prochains jours. « Si cette résolution est adoptée telle quelle, cela signifie que les Européens, l’Agence et les Américains se sont entendus tacitement pour faire en sorte que (…) le dossier iranien reste à l’ordre du jour du conseil des gouverneurs (l’Exécutif de l’AIEA), pour que la suspension de l’enrichissement soit plus longue et que l’Iran ne reprenne pas l’enrichissement », a dit M. Moussavian, dont le pays estime qu’il n’y a plus de raison de garder son dossier ouvert à l’AIEA.

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