Iran : la carotte et le bâton

Iran : la carotte et le bâton

Entre l’Iran et l’Occident, la tension est montée, hier, d’un cran. La veille de l’examen par le Conseil de sécurité d’un projet de résolution franco-britannique, ordonnant à l’Iran la suspension de ses travaux d’enrichissement de l’uranium, Téhéran a menacé de se retirer définitivement du Traité de non-prolifération nucléaire. Cette menace intervient alors que le président George Bush indiquait que « toutes les options » restaient ouvertes pour obliger Téhéran à abandonner ses ambitions nucléaires. Dans une interview à l’hebdomadaire allemand «Bild am Sonntag», le président Bush, tout en disant privilégier la voie diplomatique, a laissé entendre que la possibilité du recours à l’action militaire n’était pas exclue pour amener Téhéran à respecter la résolution en question. Pour le patron de la Maison-Blanche, le programme nucléaire iranien constitue une «sérieuse menace» pour la sécurité « non seulement d’Israël, un allié des Etats-Unis », mais pour la paix régionale et mondiale entière.  «Ce que veut dire Ahmadinejad (président iranien), c’est que s’il est prêt à détruire un pays, il serait aussi prêt à en détruire d’autres», a averti le locataire du Bureau ovale. Mais voilà, Téhéran ne semble pas prête à lâcher du lest. «Impliquer le Conseil de sécurité et prendre des décisions mal avisées nous fera passer de la coopération à la confrontation», a déclaré, hier, le ministre iranien des Affaires étrangères, Reza Asef. En ce qui concerne le volet «coopération», force est de constater que l’Iran a déjà considérablement réduit sa collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) après avoir cessé d’appliquer le protocole additionnel du TPN consistant à autoriser des «inspections inopinées et poussées des installations nucléaires ».
S’agissant du volet «confrontation», le président vient de briser un «tabou» en laissant entrevoir la possibilité d’un recours à la force pour empêcher l’Iran de se doter d’un arsenal nucléaire. Quoi qu’il en soit, cette «piste» reste écartée pour le moment. Le président Bush paraît disposé à donner plus de chances aux efforts diplomatiques pour trouver une sortie à une crise qui n’a que trop duré. «Une solution diplomatique est toujours possible si la communauté internationale bataille ferme et reste unie», a-t-il exhorté. Et puis, l’Iran compte, dans cette partie de bras de fer, sur le soutien de deux fidèles alliés, en l’occurrence Moscou et Pékin, pour faire pencher la balance en sa faveur. La Russie et la Chine, deux membres permanents du Conseil de sécurité opposés à toute sanction à l’encontre de Téhéran, ont exprimé hier leurs réserves quant au projet de résolution franco-britannique intimant à l’Iran de geler son activité nucléaire.

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