Iran : La revanche des modérés

Iran : La revanche des modérés

Les élections des conseils municipaux qui ont eu lieu en Iran ont été remportées haut la main par les modérés. Cette victoire des conservateurs survient juste après celle qu’ils ont réalisée face aux ultra-conservateurs lors des élections de l’Assemblée des experts qui se sont tenues vendredi 15 décembre. Tous les candidats ultra-conservateurs ont été battus lors de ces élections. Les résultats presque définitifs du mercredi 19 décembre des municipales de la capitale iranienne montrent que les conservateurs modérés de l’ancien président iranien Akbar Hachémi Rafsandjani ont obtenu huit sièges au futur conseil municipal de la ville. Les réformateurs ont eu quatre sièges alors que les partisans du président Ahmadinejad sont bons derniers avec seulement deux sièges. Ces résultats portent sur 1,5 million des 1,9 million des voix exprimées.
Malgré l’appel lancé par les ultra-conservateurs partisans de l’ayatollah Mesbahi Yazdi, le parrain spirituel d’Ahmadinejad, de ne pas voter pour M. Rafsandjani, celui-ci a remporté précédemment une victoire sans bavure à l’Assemblée des experts. Cette victoire s’explique par l’alliance que Rafsandjani a scellée avec les réformateurs de l’autre ancien président Mohamed Khatami. L’Assemblée des experts est une institution qui joue un rôle très important dans la vie politique, sociale et religieuse des Iraniens. Elle est chargée de nommer, surveiller et éventuellement de révoquer le guide suprême de la République islamique.
L’ayatollah Ali Khomeini, le guide suprême, a quant à lui «remercié les électeurs ( … ) qui ont montré que la démocratie religieuse était l’un des meilleurs systèmes démocratiques, et plus saine que les démocraties occidentales». Ajoutant que la «forte participation» des électeurs renforçait «les bases de la République islamique».
Suite à la défaite essuyée par les ultra-conservateurs, les modérés ont essayé de minimiser les divergences qui existent avec les partisans d’Ahmadinejad. «Dieu merci, les électeurs font toujours confiance aux conservateurs», a déclaré le ministre de l’Intérieur, Mostapha Pour Mohammadi.
En revanche, le député conservateur Emad Afroug pense que les électeurs par ce vote ont dit « non à l’illusion, au narcissisme (…) au populisme et au machiavélisme » les considérant causes de l’échec des ultra-conservateurs.
Pendant la campagne électorale, des affichettes recouvrant les murs des villes iraniennes représentaient des hommes en costume, à barbe, ou en turban aux côtés de femmes en foulard. Des Iraniennes qui ont percé en force lors de ces élections des conseils municipaux de nombreuses villes surtout de province.
À titre d’exemple, à Gazvine (centre) et Ardébil, quatre des neuf élus au conseil municipal sont des femmes. A Yazd, trois élus sur sept sont des Iraniennes. Alors qu’au conseil municipal de Téhéran, les femmes n’ont obtenu que trois sièges. Il s’agit de Massoumeh Ebtekar, une réformatrice et ancienne vice-présidente chargée de l’environnement durant la présidence de Mohammad Khatami, de Massoumeh Abad, une conservatrice modérée et de Parvine Ahmadinejad, la soeur du président. On en conclut que les Iraniennes sont de plus en plus actives dans la vie politique et sociale de leur pays. Quant aux réformateurs, ils revendiquent la victoire aux élections municipales dans l’ensemble du pays et affirment que près de 40 % des élus des grandes et moyennes villes du pays font partie de leur camp.
Les élections actuelles en Iran sont considérées comme étant un test de popularité pour le très critiqué président Ahmadinejad.
En outre, elles n’influenceront en aucun cas la politique internationale ou nationale ou le dossier nucléaire puisque les nouveaux élus ont été présélectionnés par l’instance conservatrice du Conseil des gardiens.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *