Iran : les puissances montent la pression

Iran : les puissances montent la pression

Face à l’inflexibilité de l’Iran, les Six haussent le ton mais sans troubler les tympans. Téhéran se dit prêt à négocier la suspension de l’enrichissement de l’Uranium, chose que les cinq membres permanents de l’ONU plus l’Allemagne refusent. Pour eux, pas question de négociation tant que l’Iran ne cesse son activité d’enrichissement. Réunies à Paris, les Six grandes puissances ont décidé de renvoyer le dossier du nucléaire devant le Conseil de sécurité de l’ONU en brandissant la menace de sanctions. Cette fois-ci, Russes et Chinois, généralement plus conciliants à l’égard de Téhéran, se sont manifestement ralliés à un durcissement prôné par les Américains et les Européens, qui se disent vouloir empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique.
« L’Iran n’a pas su prendre les mesures nécessaires pour permettre aux négociations de débuter, c’est-à-dire suspendre toutes les activités liées à l’enrichissement et au retraitement comme l’AIEA l’a demandé. Nous exprimons notre profonde déception face à cette situation. Dans ce contexte, nous n’avons pas d’autre choix que de retourner au Conseil de sécurité et de reprendre le processus que nous avions suspendu il y a deux mois », souligne un communiqué commun.
Les Six, a ajouté le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, qui lisait le communiqué, sont convenus « d’œuvrer en vue d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies rendant obligatoire la suspension demandée » par l’Agence internationale de l’énergie atomique. Ajoutant que : «si l’Iran refuse de s’y conformer, nous travaillerons alors à l’adoption de mesures sur la base de l’article 41 du chapitre 7 de la Charte des Nations Unies», sans fournir de précisions sur d’éventuelles sanctions.
En réaction à ce haussement de ton modéré, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad a fait monter les enchères une fois de plus en réitérant l’attachement de Téhéran à poursuivre son activité d’enrichissement de l’Uranium.
« l’Iran ne renoncera pas à ses droits dans le domaine du nucléaire et répondra le 22 août aux propositions formulées par la communauté internationale », a-t-il déclaré.
En juin dernier à Vienne, les ministres des Affaires étrangères de Russie, des Etats-Unis, de Chine, de Grande-Bretagne, de France et de l’Allemagne avaient approuvé une série de propositions. Le but étant d’inciter l’Iran à suspendre les travaux d’enrichissement d’Uranium. Ces propositions comprennent trois volets : le programme nucléaire iranien, la coopération économique et commerciale avec Téhéran et les garanties de sécurité.
Jusqu’à présent, l’Iran n’a pas encore répondu officiellement à cette offre. Le président iranien a récemment annoncé que Téhéran donnerait sa réponse à l’initiative des Six vers le 22 août.


 Les sanctions économiques restent envisageables


D’après le Quai d’Orsay, des sanctions pourraient être prises dès la mi-août. « Nous avons décidé de deux étapes. La première c’est une résolution (des Nations Unies) le plus rapidement possible, en quelques jours, pour demander, pour exiger la suspension de toute activité nucléaire sensible par l’Iran », a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, jeudi sur Europe 1.
« Si l’Iran répond non à la mi-août, là nous allons proposer une résolution sous chapitre VII de la charte des Nations Unies (…) notamment l’article 41 qui propose une panoplie de mesures négatives y compris économiques », a -t-il ajouté. L’article 41 inclut la possibilité de sanctions économiques, mais n’envisage pas d’action militaire.

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