Iran : Londres exige la libération de ses marines

Quinze marines britanniques ont été capturés vendredi par des navires iraniens dans le Golfe, un incident qui a provoqué un échange d’accusations entre l’Iran et la Grande-Bretagne, deux pays aux relations déjà tendues.L’ambassadeur britannique à Téhéran, Geoffrey Adams, a demandé, dimanche 25 mars, à rencontrer les 15 marines britanniques.
«L’ambassadeur est rentré à Téhéran et a rencontré dimanche matin des responsables du ministère des Affaires étrangères. Il leur a demandé des informations sur le lieu de détention des quinze marines britanniques et la possibilité de les rencontrer», a déclaré un diplomate britannique sous couvert d’anonymat.
«Il a également demandé leur libération immédiate», a ajouté ce diplomate.
L’Iran avait affirmé vendredi que les marines britanniques étaient «entrés illégalement dans les eaux territoriales iraniennes», alors que, selon Londres, ils ont été capturés à l’intérieur même des eaux territoriales irakiennes. Londres a immédiatement haussé le ton contre Téhéran. La ministre britannique des Affaires étrangères, Margaret Beckett, a demandé à l’Iran une «explication complète» après cette capture.
Mais le ministère iranien des Affaires étrangères a démenti la version des faits britannique, affirmant que les marines étaient «entrés illégalement dans les eaux territoriales iraniennes». Cet incident est survenu sur fond de tension accrue entre l’Iran et la communauté internationale, en raison du refus de Téhéran de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium. Une nouvelle résolution visant à alourdir les sanctions déjà imposées à l’Iran doit être soumise samedi au vote au Conseil de sécurité de l’ONU. La chargée d’affaires britannique, Kate Smith, a été convoquée au ministère iranien des Affaires étrangères pour y recevoir «la ferme protestation de l’Iran», a indiqué le ministère qui a demandé des «explications immédiates à Londres à propos de la violation des eaux territoriales iraniennes et insisté sur la nécessité de ne plus recommencer».
Peu avant, l’ambassadeur d’Iran à Londres, Rasoul Movahedian, avait été convoqué au Foreign Office pour ce que Mme Beckett a qualifié d’entretien «rapide mais poli» avec le sous-secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, sir Peter Ricketts.
Téhéran s’est vu clairement signifier que «nous voulons le retour immédiat, de notre personnel sain et sauf, et de leur équipement», a déclaré Mme Beckett. Elle a souligné que les marines, capturés à bord de deux bateaux alors qu’ils inspectaient un navire marchand, opéraient en accord avec la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui autorise la présence de la Force multinationale en Irak. Ils soutenaient «le gouvernement irakien pour arrêter la contrebande», a-t-elle ajouté. Washington a affirmé «suivre attentivement» la situation. Les marines «doivent être relâchés et je pense que c’est ce à quoi tout le monde se consacre», a déclaré la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice avant de quitter Washington pour une nouvelle tournée au Proche-Orient. Le contre-amiral britannique Nick Lambert, chargé des opérations dans la région, a affirmé qu’il n’y avait «aucun doute dans (son) esprit» sur le fait que le personnel capturé peu après 9h00 locales se trouvait «dans les eaux territoriales irakiennes». S’exprimant depuis la frégate HMS Cornwall, d’où étaient partis les marines, il a cependant reconnu que «la limite et la définition des eaux territoriales dans cette partie du monde étaient très compliquées», et a dit espérer qu’il s’agissait «d’une simple méprise».

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