Iran-UE : Diplomatie et coopération

Si la démarche du haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère, Javier Solana, en Iran, était rapide -une seule journée-, elle n’en revêtait pas moins une importance de taille tant sur le plan international que sur celui des relations entre Bruxelles et Téhéran. Situé au carrefour des continents et des civilisations, l’Iran est directement concerné par tous les grands événements de ce monde, à commencer par l’Afghanistan, le Proche-Orient et l’Irak.
Si le pays a connu un conflit de longue haleine avec son voisin de l’ouest (la guerre Iran-Irak de 1980-1988), il s’est toujours montré réticent à l’éventualité d’une campagne militaire américaine pour renverser Saddam Hussein. Le ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharazi n’a d’ailleurs pas manqué de le répéter au représentant européen lundi, se montrant particulièrement inquiet des « retombées» que pourrait avoir une telle opération sur son pays.
Javier Solana a également indiqué, lors d’une conférence commune avec le chef de la diplomatie, qu’il espérait «encore» que les Etats-Unis ne lanceraient pas d’attaque contre l’Irak, appelant ce pays à «avoir l’intelligence suffisante» pour «ouvrir ses portes» aux inspecteurs de l’ONU.
Les deux hommes ont également abordé lundi la question afghane, Téhéran ayant été à de nombreuses reprises accusé d’abriter les terroristes d’Al-Qaïda et les Talibans en fuite. Une des raisons pour lesquelles il avait été classé dans l’«axe du mal» du président Bush en janvier dernier. L’autre grand dossier international, celui du conflit israélo-palestinien devait aussi être de nouveau discuté. L’Iran avait déjà demandé à l’UE de «s’impliquer davantage», et de ne pas laisser les Etats-Unis, jugés «totalement favorables à Israël», parrainer seul le processus de paix. De leur côté, de nombreux dirigeants européens avaient insisté auprès de Téhéran pour qu’il fasse «pression» sur les mouvements palestiniens Hamas et Djihad islamique, afin de «faire cesser les attaques suicide» en Israël.
Sur le plan intérieur, l’Iran, actuellement sous le coup de vives tensions entre les partis conservateurs et réformateurs, devait informer Javier Solana des avancées concernant son processus de libéralisation tant économique que sociale. Une rencontre était prévue à ce sujet entre le président Mohammad Khatami et le représentant européen qui a d’ailleurs précisé dès son arrivée, que l’un des buts de cette visite était «de développer les relations entre l’UE et l’Iran». «Nous voulons connaître l’évolution de l’Iran et expliquer le point de vue européen», a-t-il alors ajouté, faisant allusion aux négociations concernant un futur accord de coopération et de commerce entre les deux parties.
Un tel partenariat inclura inévitablement des clauses sur les droits de l’homme et «la lutte anti-terroriste», deux données sur lesquelles les Européens restent particulièrement attentifs, tout en entretenant des relations suivies avec ce pays producteur de pétrole et de gaz. A l’image de la trentaine de condamnations d’opposants politiques, intervenues samedi et des pressions exercées sur le président réformateur Khatami, l’Iran connaît actuellement plusieurs blocages dans sa volonté d’ouverture. Si l’Europe entend pousser Téhéran à accélérer le processus, les Etats-Unis se montrent, eux, de plus en plus impatients.

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