Iran : Visite surprise du chef de la diplomatie russe à Téhéran

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, était attendu mardi pour une visite surprise à Téhéran où il devait rencontrer le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, alors que la tension ne cesse de monter avec les Etats-Unis sur le dossier nucléaire iranien. Aucune information n’a été fournie sur les raisons de cette visite annoncée de sources gouvernementales iraniennes et confirmée à Moscou. Selon Téhéran, M. Lavrov devait rencontrer le président Ahmadinejad à 20H00 locales (16H30 GMT). «Une courte visite de travail du ministre est prévue en Iran», a déclaré de son côté le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Kamynine, cité par l’agence Interfax. Il y a deux semaines, le président russe, Vladimir Poutine, avait effectué une visite historique en Iran, la première d’un chef du Kremlin depuis 1943. A l’époque, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait déclaré au président russe qu’il «examinerait» une proposition de ce dernier, sans plus de précision, selon un compte-rendu officiel des entretiens. L’ancien responsable du dossier nucléaire, Ali Larijani, avait alors précisé que la «suggestion particulière» du président russe concernait le programme nucléaire de l’Iran, mais le président Ahmadinejad avait réagi en affirmant qu’il n’y avait pas de proposition concernant le dossier nucléaire. M. Ahmadinejad a néanmoins dit que M. Poutine avait transmis à l’Iran «un message d’amitié et de coopération».
Ces dernières semaines, le président russe s’est démarqué de la position des Occidentaux sur le nucléaire iranien. Lors de sa visite au Portugal la semaine dernière pour participer au sommet Russie-UE, M. Poutine a durement critiqué la position américaine et les nouvelles sanctions décidées par Washington contre Téhéran. «Pourquoi envenimer la situation, la conduire dans une impasse, menacer de sanctions ou même d’action militaire?», avait-il lancé. «Vous pouvez courir dans tous les sens comme un fou agitant un rasoir mais ce n’est pas le meilleur moyen de régler le problème», avait ajouté le président Poutine. Les nouvelles sanctions américaines décidées jeudi visent le corps des Gardiens de la révolution, accusé de contribuer à la prolifération d’armes de destruction massive ainsi qu’une unité d’élite de l’armée iranienne, la force Al-Quds, accusée de soutenir le terrorisme. Le président iranien a de nouveau dénoncé les sanctions et affirmé que l’Iran ne reculerait pas sur le nucléaire.

Siavosh Ghazi (AFP)

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