Israël accentue la répression

L’état d’alerte «maximum» a été décrété par Israël ces samedi et dimanche à l’occasion du nouvel an juif. Si d’importants effectifs de soldats et policiers ont été déployés dans les villes, près des synagogues et des barrages routiers, des mesures restrictives ont surtout été prises à l’encontre de la population palestinienne.
Dimanche, l’Etat hébreu a ainsi prolongé le couvre-feu qu’il avait imposé la veille dans les principales villes palestiniennes de Cisjordanie. Dispositif qui a entraîné une montée de la tension, notamment dans le secteur d’Hébron. Une forte explosion, qui n’a fait ni victime ni dégât, a eu ainsi lieu dans l’enclave juive de la ville palestinienne dans la matinée, selon les soldats qui, déployés sur place, ont annoncé avoir retrouvé les traces d’un engin explosif.
Autre signe de pression, une cinquantaine de voitures palestiniennes, garées près d’un barrage militaire à l’entrée de la ville, ont été endommagées, vitres et rétroviseurs cassés et pneus crevés, selon des témoins. Les propriétaires de ces voitures ont accusé les colons, dont 600 vivent retranchés à Hébron au milieu de 120.000 Palestiniens, d’être responsables de ces actes de vandalisme. De telles dégradations contre des biens palestiniens semblent d’ailleurs courantes dans la région. Dans la ville même d’Hébron, des colons ont à plusieurs reprises incendié des échoppes et des voitures, notamment en représailles à des attaques palestiniennes. Ce dimanche, quatre jours après la découverte d’un véhicule piégé au nord de Tel-Aviv, les soldats israéliens ont également procédé à l’arrestation de dix-sept Palestiniens à Yatta, au sud de Hébron. Selon des sources militaires, cinq d’entre eux étaient toujours en détention dimanche en début d’après-midi. D’après des témoins, l’armée était à la recherche d’un policier palestinien, qu’elle n’a pas trouvé, et a donc arrêté des membres de sa famille, dont son frère Iyad Hochieh. Des gardes-frontières israéliens ont également arrêté un Palestinien recherché «pour des attaques anti-israéliennes», à Illar, au nord-est de Tulkarem, selon un porte-parole de l’armée. Un autre Palestinien, aussi recherché par les services de sécurité israéliens, a été arrêté dans la localité d’Assawiya, au nord de Ramallah, a ajouté la même source.
La veille déjà, des incidents sporadiques avaient fait dix blessés palestiniens suite à une opération d’envergure de l’armée israélienne menée à l’aube dans la bande de Ghaza. Les soldats y avaient fouillé les maisons, arrêté un chef du Jihad islamique et trois autres activistes. Durant cette opération, trois bâtiments avaient été détruits, un immeuble de la Défense civile, un atelier métallurgique et un atelier de fabrication de fenêtres. L’armée a de son côté indiqué qu’«une bombe de forte puissance» avait été découverte dans un local du Fatah. Cinq Palestiniens avaient aussi été blessés, dont un grièvement, par des rafales de balles tirées à partir de chars israéliens dans le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie.
L’armée a affirmé avoir répondu à des jets de pierre de la part de manifestants. Dans la même zone, dans la localité autonome d’Aja, à 15 km au sud de Jénine, un membre des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa avait été blessé, puis fait prisonnier, lors d’autres confrontations avec l’armée israélienne. L’armée a confirmé dans un communiqué que «l’activiste palestinien disposait d’un fusil M-16, de plusieurs chargeurs et d’un gilet pare-balles», mais est restée silen cieuse sur les incidents survenus dans le camp de Jénine et à Tulkarem, où deux enfants ont été blessés par des tirs de soldats israéliens.
Ces dernières violences et arrestations sont intervenues au moment où l’Etat hébreu fêtait le «Rosh hashana». Un nouvel an qui marque le début d’une série de fêtes religieuses avec le «Yom kippour» (le jour du grand pardon), le 16 septembre, et «Soukkot» (la fête des cabanes), le 21, durant lesquelles les forces israéliennes resteront encore en état d’alerte.
Cette montée de tension a par ailleurs été accompagnée d’une nette rupture des négociations entre Palestiniens et Israéliens. Une ouverture sur le dialogue qui a pris un sérieux coup dur avec les récentes déclarations d’Ariel Sharon.

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