Israël criminel

Le raid sanglant israélien sur Ghaza a été unanimement condamné dans le monde, et même par les Etats-Unis, principal allié d’Israël. «Le président (américain George Bush) estime que cette action, menée avec une main lourde, ne contribue pas à la paix», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleischer, accusant les dirigeants israéliens d’avoir entrepris cette attaque «de manière délibérée en sachant qu’elle visait un immeuble où résident des civils».
Ces derniers mois, la Maison-Blanche avait systématiquement souligné le droit d’Israël à l’autodéfense, en réponse aux questions sur les opérations menées par Israël et la reprise de l’occupation de la plupart des villes autonomes de Cisjordanie.
En Israël, une polémique faisait rage mercredi au sujet du raid, dénoncé par les Palestiniens comme une tentative délibérée de faire avorter une trêve. Militaires et politiques israéliens se renvoyaient la responsabilité des conséquences de cette opération visant Salah Chéhadé, le chef de la branche armée du Hamas, tué avec 16 autres personnes, dont son épouse et sa fille de 10 ans, ainsi que 11 enfants, par un tir d’une bombe téléguidée à partir d’un F-16. Les médias israéliens se faisaient mercredi l’écho de la polémique entre les responsables militaires, des services de renseignements et les ministres qui se renvoient chacun la balle sur la responsabilité de cette opération.
Les militaires affirment avoir obtenu le feu vert du gouvernement pour liquider Chéhadé, tandis que les ministres répondent que les militaires et les services de renseignements ne les avaient pas mis au courant des risques encourus par la population civile. Quelque 50.000 palestiniens ont participé aux obsèques des victimes dans la ville de Ghaza, alors que l’Autorité palestinienne a tiré argument de cette tuerie pour réclamer à nouveau une protection internationale des palestiniens.
Le Premier ministre israélien, qui a donné le feu vert à l’opération, a essayé de se justifier en affirmant que si l’armée avait su que des civils se trouvaient avec le chef militaire du Hamas tué lundi soir dans le raid aérien, «une autre façon de l’atteindre aurait été trouvée». Mais la télévision publique israélienne a rapporté qu’un appareil F-16 israélien qui était parti attaquer le 20 juillet au soir l’immeuble de Ghaza où se trouvait le chef militaire du Hamas avait finalement rebroussé chemin après avoir été informé de la présence de ses proches dans le bâtiment. Le président israélien Moshé Katzav a quant à lui reconnu à la radio militaire qu’il y avait eu un «raté» lors du raid et que les responsables politiques (israéliens) doivent prendre la responsabilité de ce raté». Shimon Peres, le ministre des Affaires étrangères, n’avait pas été informé du lancement de «l’opération d’interception ciblée» visant Chéhadé.
Selon la radio militaire, c’est une bombe guidée d’une tonne lancée par un avion de combat F-16 qui a démoli lundi soir cinq maisons dans un quartier populaire de Ghaza où vivaient des dizaines de familles, tuant 15 personnes et faisant plus de 150 blessés. Pour sa part, le ministre palestinien de l’Information, Yasser Abed Rabbo, a indiqué que cette attaque est intervenue alors que plusieurs mouvements palestiniens étaient parvenus à un accord sur la date à laquelle les attentats suicides cesseraient «à condition que les Israéliens se retirent des villes palestiniennes (réoccupées en Cisjordanie) et que les opérations israéliennes d’assassinat et d’arrestation cessent». «Mais, apparemment, Israël était informé de cet accord et a lancé son attaque sur Ghaza pour le faire échouer», a-t-il ajouté. Le chef spirituel du Hamas, cheikh Ahmad Yassine, a confirmé que son mouvement «était disposé à proclamer une trêve à certaines conditions», dans une interview publiée par le quotidien espagnol ABC. «Cependant, après ce qui s’est passé, il n’y a que la guerre sainte qui vaille», a-t-il dit.

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