Israël : Des écarts dans la vie politique

Selon l’analyste Yossi Verter, le Premier ministre ne décolère pas contre ses ministres qui votent lors des réunions de gouvernement, ce qu’il propose, mais qui, sitôt sortis de la salle des délibérations décrochent leur téléphone pour se confier aux journalistes.  D’après les confidences qu’il a recueillies auprès de la présidence du Conseil, il croit savoir que le Premier ministre est toujours opposé au déclenchement d’une opération terrestre d’envergure à Gaza. Il aurait été renforcé dans cette conviction par un rapport de l’état-major sur le nombre élevé des victimes potentielles dans les rangs de l’armée israélienne. Sous le couvert de l’anonymat, un membre de l’opposition israélienne lui aurait confié à propos de l’éventuelle conclusion d’une trêve avec le Hamas : «Bien sûr, nous condamnerons Olmert s’il le fait. Mais que dirons-nous, deux ou trois jours plus tard, aux habitants de Sdérot et d’Ashkelon quand ceux-ci se réjouiront de la paix retrouvée ? Ce sont les Kassams qui nous permettent de critiquer Olmert».
Le Premier ministre israélien est décidé à poursuivre les discussions avec les Palestiniens. Il devrait rencontrer, en début de cette semaine, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Condoleezza Rice, elle, estime qu’il est possible d’aboutir à un accord de paix avant la fin de l’année 2 008. En fait, le Premier ministre et son ministre de la Défense Ehoud Barak savent que, lors des prochaines élections, la question de Gaza jouera un rôle crucial. C’est sur cette question que l’opposition fera porter ses critiques. L’ancien ministre du Likoud des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, a déclaré: «Nous avons remplacé un chef d’état-major issu de l’aviation par un chef d’état-major venu de l’infanterie. Nous avons remplacé à la défense un leader syndicaliste, Amir Peretz, par un Monsieur sécurité. Et que s’est-il passé ? Les choses ont empiré».
Les ponts sont rompus depuis plusieurs semaines entre Ehoud Olmert et le chef du Likoud, Benyamin Netanyahou, après que le Premier ministre israélien ait réalisé que toutes ses tentatives pour faire entrer son principal opposant au gouvernement se révélaient infructueuses. La rupture a été définitivement consommée lorsque le chef de l’opposition a publiquement déclaré : «Le chef du gouvernement n’a pas les compétences requises pour être un véritable Premier ministre».
Pour l’intéressé, cette attaque est inadmissible. Il a donc mis un terme à ses rencontres, chaque vendredi, avec le chef de l’opposition. Cette passe d’armes rend illusoire toute constitution d’un gouvernement d’union nationale.
C’est pourtant ce que continue à réclamer le leader du Shass, le parti religieux ultra-orthodoxe, Elie Yichaï. Celui-ci n’entend pas renforcer la position d’Israël en soutenant l’idée d’un gouvernement d’union nationale. Il veut simplement sortir de la mauvaise passe dans laquelle lui et son mouvement se trouvent, soumis qu’ils sont à la pression de leur électorat.
Avec un humour féroce, Yossi Verter conclut son analyse en soulignant que certains dirigeants politiques israéliens ont d’autres soucis. Évoquant l’incarcération, pour une affaire de corruption électorale de Omri Sharon, le fils de l’ancien Premier ministre, il va jusqu’à écrire que ce détenu «fréquente aujourd’hui des gens plus recommandables que ceux dont il cherchait jadis le soutien».

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