Israël : Échec de l’option militaire

L’armée israélienne a annoncé un nouvel ordre militaire qui interdit aux Palestiniens dans toute la Cisjordanie de récolter leurs olives. Des sources militaires israéliennes ont mentionné que l’armée allait renforcer ses troupes et ses missions afin de durcir le siège des villes et villages palestiniens. En conséquence, il ne lui serait pas possible de protéger les Palestiniens qui récoltent leurs olives des agressions de colons.
Par cette déclaration, l’armée donne clairement l’autorisation de tuer les agriculteurs palestiniens qui exploitent leurs champs, à une période cruciale qu’ils attendent avec anxiété toute l’année Comme pour donner le change, le ministre israélien de la Défense, Binyamin Eliezer, a reconnu que son pays commençait à manquer d’options militaires pour riposter aux attentats et que le moment était venu d’envisager un retour au dialogue avec l’Autorité palestinienne. «Il est vrai que notre choix de moyens pour riposter s’épuise et cela vaudrait la peine que nous commencions à réfléchir et à dire que peut-être le moment est venu de présenter un calendrier diplomatique»,a-t-il expliqué.
Cette confidence jette une lumière nouvelle sur les dissensions au sein du gouvernement Sharon qui est resté sourd, jusqu’à présent, à toute ouverture diplomatique, prévilègiant les agressions et la guerre.
Binyamin Eliezer s’exprimait alors que l’émissaire américain au Proche-Orient, William Burns, est arrivé en Israël porteur d’une «feuille de route» pour parvenir à la paix dans la région. Tel-Aviv a jusqu’à décembre pour formuler ses remarques sur les propositions américaines.
«Le président George Bush envisage la création, d’ici trois ans, d’un État palestinien et le plan que présente William Burns vise à mettre en oeuvre cette vision. Nous pourrons y apporter nos remarques d’ici à décembre», a déclaré le ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Peres.
L’émissaire américain au Proche-Orient est arrivé hier en Israël pour promouvoir un plan de paix du quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne, ONU) qui préconise la création en trois étapes d’un État palestinien en 2005.
Un document de travail américain qui étoffe ce plan a été remis la semaine dernière à Washington à Ariel Sharon qui a affirmé ne pas se sentir lié par ce plan. «Chacune des composantes de ce plan doit être appliquée, faute de quoi il restera un projet sans suite.
Les Palestiniens doivent réaffirmer le droit d’Israël à vivre dans des frontières sûres et reconnues, mettre fin à la violence et procéder à des réformes», a déclaré l’envoyé spécial américain.
L’autre question qui divise profondément le gouvernement israélien est celle des colonies. Shimon Peres a indiqué à propos de la colonisation juive de nouvelles terres palestiniennes que «le gouvernement doit s’en tenir à son programme qui stipule qu’aucune nouvelle colonie ne peut être construite et celles qui ont été érigées illégalement doivent être démantelées». Il s’est aussi insurgé contre les déclarations d’un certain nombre de rabbins extrémistes qui sont payés par l’État et appellent les soldats à désobéir aux ordres, leur enjoignant de démanteler les points de colonisation sauvages.

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