Israël lance un avertissement à l’Iran

Des manoeuvres militaires israéliennes d’une ampleur exceptionnelle effectuées au début du mois en Méditerranée sont un avertissement à l’Iran mais n’augurent pas d’une attaque imminente contre ses installations nucléaires, selon les médias israéliens. Plus de 100 avions de combat F-16 et F-15 israéliens ont pris part à des manoeuvres avec la Grèce au cours de la première semaine de juin pour préparer l’armée à des attaques à longue distance, selon le New York Times, qui a cité des responsables américains. «Lorsque Israël a attaqué la centrale nucléaire irakienne (d’Osirak) en 1981, l’armée de l’air a également procédé à un vaste exercice. À la différence près, qu’Israël n’a pas menacé mais frappé», relève le correspondant militaire du quotidien Yediot Aharonot. «Il en va de même lors du raid en Syrie (en septembre dernier). Nous n’avions pas menacé auparavant. Aujourd’hui nous le faisons. Les Iraniens peuvent être rassurés, quand un chien aboie, il ne mord pas», ironise-t-il. Pour le spécialiste des services secrets du quotidien Haaretz, Yossi Melman, ces grandes manoeuvres et les avertissements israéliens incessants sur le programme nucléaire iranien signifient qu’Israël se «prépare au pire scénario». «Je n’ai pas besoin de vous dire que les dangers et les menaces pour la sécurité d’Israël ne se sont pas dissipés et dans certains aspects sont plus graves qu’auparavant», a ainsi déclaré dimanche le Premier ministre israélien Ehud Olmert. Signe de la préoccupation grandissante d’Israël, M. Olmert a par ailleurs prolongé d’un an le mandat du chef du Mossad, les services secrets israéliens, Meïr Dagan, en poste depuis 2002, selon le bureau du Premier ministre.
M. Dagan est directement impliqué dans le dossier iranien, selon les médias israéliens. Mais pour le spécialiste du Haaretz, «Israël n’est pas sur le point de lancer une telle attaque. En fait aucune décision n’a été prise et la question n’a été discutée par aucune instance gouvernementale». Il estime qu’une opération israélienne ne viendrait qu’en « dernier recours », à condition d’avoir un feu vert de Washington.
L’exercice militaire «fait comprendre aux Iraniens et à la communauté internationale qu’Israël est prêt à frapper si les pressions sur Téhéran n’ont pas l’effet escompté», a constaté pour sa part l’ex-chef de l’armée de l’air israélienne, Eytan ben Eliahu, dans une interview à la radio publique.

• Marius Schattner (AFP)

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