Israël ou la folie meurtrière

L’armée israélienne n’a nullement l’intention de relâcher son agression contre les Palestiniens. Dans la nuit de samedi à dimanche, ses soldats, appuyés par une trentaine de chars et véhicules blindés, ont même pénétré dans une nouvelle ville, Beit Rima, près de Ramallah, dont ils ont fouillé les maisons unes à unes.
A Beit Lahm, Tsahal a encore appelé dimanche matin par haut-parleurs les quelque 300 Palestiniens retranchés depuis mardi dans la basilique de la Nativité, à se rendre. «L’armée israélienne tire toujours autour de l’église, et il y a eu des appels toute la nuit des Israéliens pour nous faire sortir», a aussi rapporté l’avocat palestinien Tony Salman. Lui comme d’autres civils, et une trentaine de religieux de l’ordre des Franciscains, ont tenu à rester retranchés dans l’église ou dans ses couvents attenants. «Les religieux disent qu’ils ne veulent pas s’en aller, car ils gardent ces lieux saints ici depuis des siècles», a expliqué le recteur du séminaire latin de Beit Jala, près de Beit Lahm, le père Maroun Lahham. «Les conditions sont de plus en plus difficiles», a quant à lui ajouté Me Salman. «Nous avons un besoin urgent de médicaments, pour les blessés (une dizaine) et les malades», a-t-il ajouté.
Si l’armée israélienne n’a jusqu’à présent pas ouvert directement le feu sur l’église, elle n’en fait pas moins une preuve de force contre les occupants, en multipliant les tirs et explosions autour de l’édifice, suivis d’appels à la reddition. Dimanche, soldatesque israélienne a également renforcé son dispositif armé à la frontière Nord où les incidents armés impliquant le Hezbollah se sont multiplié. Le dernier a eu lieu samedi soir lorsque des roquettes Katioucha ont été tirées à partir du Liban en direction du village de Ghajar, sous contrôle israélien à la frontière israélo-libanaise, blessant trois civils. Quatre Palestiniens ont ensuite été arrêtés.
Samedi, des combats particulièrement intenses ont opposé l’armée israélienne à des Palestiniens armés dans le Nord de la Cisjordanie. Au moins 50 Palestiniens ont alors été tués, dont 35 dans le camp de réfugiés de Jénine (Nord).
Si ces chiffres donnés par le Ministre de l’information Yasser Abed Rabbo devaient être confirmés, le bilan de cette journée en ferait la plus sanglante depuis le début de l’Intifada en septembre 2000. A Naplouse, dans le Nord de la Cisjordanie, neuf Palestiniens ont aussi été tués, dont un enfant de 8 ans, ce qui amène à 28 le nombre de morts dans cette ville depuis jeudi. Samedi et dimanche, les tirs de missiles des hélicoptères Apache y ont aussi infligé des dommages importants et une bonne partie de la population a déserté les habitations du centre historique de la ville pour se réfugier dans d’autres endroits.
Dans la bande de Ghaza, quatre Palestiniens ont également été tués par l’armée israélienne au cours de plusieurs heurts, tandis qu’en début de soirée, des chars ont ouvert le feu à la mitrailleuse et aux obus contre le QG de Yasser Arafat, à Ramallah. Ils ont touché le bâtiment dans lequel le président palestinien est assiégé et ont blessé trois de ses gardes du corps. Ce bilan humain catastrophique – particulièrement celui de samedi – perpétré par l’agression israélienne, n’a pas empêché, dimanche, Ariel Sharon de déclarer que son armée «évite de porter atteinte aux civils palestiniens dans ses opérations militaires».
Le premier ministre, qui s’est exprimé au début de la réunion hebdomadaire de son gouvernement, a ajouté que les «opérations se poursuivent en tenant compte de ces difficultés».

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